Les locataires de la Newton House, une propriété résidentielle de la municipalité de Quatre-Bornes, située à l’angle de la route St-Jean et l’avenue Sir William Newton, en plein centre ville, doivent collectivement et cela depuis des années, une somme totale de Rs 766 540 en termes de loyers impayés. C’est ce que des conseillers ahuris ont appris hier lors d’une réunion du conseil.
Invité par l’adjoint au maire Parmanand Beedassee à s’expliquer devant le conseil, le Financial Officer (FO) de la municipalité — qui n’a que récemment pris cette nouvelle fonction — a expliqué qu’il a choisi de révéler ces loyers impayés au conseil afin qu’une décision soit enfin prise. « J’aurai pu faire celui qui ne comprend rien et laisser ces dossiers au fond des tiroirs, mais j’ai choisi d’assumer mon devoir vis-à-vis du conseil », a-t-il expliqué.
Selon un document soumis au conseil, la quinzaine de locataires de la Newton House doivent collectivement une somme de Rs 766 540 représentant des loyers impayés. Ces loyers mensuels sont compris entre Rs 440 à Rs 5 500. Le plus mauvais payeur doit une ardoise de Rs 328 350 à la municipalité. Huit de ces cas ont été référés à l’avoué de la municipalité. Dans un cas, le locataire est mort et l’appartement est occupé par ses héritiers. Dans un autre, le locataire est à l’étranger et les efforts de l’avoué pour entrer en contact avec lui ont été jusqu’ici vains. Un autre locataire a déjà quitté les lieux, mais a laissé une dette de Rs 30 000 au conseil. Si certains ont fait montre de bonne volonté et ont choisi de chercher un arrangement à l’amiable avec le conseil, d’autres sont restés obstinément sourds aux sollicitations des responsables de la municipalité.
« Le conseil félicite le FO pour son initiative de l’informer de la situation. Mais cet état laisse néanmoins comprendre que l’administration municipale a quelque part failli dans sa tâche de défendre les intérêts des contribuables de la ville », a fait observer pour sa part le conseiller Dhiren Gungabissoon. Il a aussi souligné que le loyer demandé par l’administration ne reflète aucunement la réalité du marché. « Est-ce qu’il n’aurait pas mieux valu faire effectuer une évaluation des appartements avant de décider du montant de leur location mensuelle ? », s’est demandé de son côté le conseiller Suren Appadu.
Répondant à une question de Suren Appadu, le FO a révélé que dans au moins un cas il n’a pu retracer le contrat de location de l’appartement. « Je ne dis pas qu’il n’y en a pas, mais jusqu’ici je n’ai pas pu le retrouver », a nuancé l’officier municipal.
« Pourquoi alors la municipalité ne reprend-elle pas tout simplement possession des appartements ? », se demande Suren Appadu. « Comment peut-on dire qu’on n’a trouvé personne alors que ces appartements sont occupés ? », renchérit de son côté le conseiller Kishore Chady. « C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de référer toute cette affaire au conseil pour décision », lance alors le FO.
À l’unanimité, le conseil a alors décidé de référer toute cette affaire à l’avoué de la muncipalité dans le but d’enclencher des démarches pour permettre à la municipalité de reprendre possession de ces appartements dont la location est demeurée impayée.
Outre les items habituels, deux motions ont également été adoptées. La première (du conseiller R.M. Seetohul) consistait à identifier deux sites à Quatre-Bornes pour les nommer d’après la ville réunionnaise de Saint-Benoit et la ville malgache d’Ambalavao, deux villes avec lesquelles Quatre-Bornes est jumelée. La seconde, venant du conseiller Reshad Lotun, proposait de faire installer des plaques avec une légende sur les personnalités dont certains sites municipaux portent le nom.