Marie Vanessa Maurice, une habitante de Bois-Marchand, Terre-Rouge, est une créatrice de bijoux fantaisie. Mère de famille de 29 ans, elle n’avait jamais songé devenir femme entrepreneure. C’est par pur hasard qu’elle est tombée dans ce métier. Travaillant pour le moment chez elle, cette jeune femme rêve d’ouvrir un atelier, où elle exploitera son talent, et envisage de baptiser son entreprise Queen QR Jewellery. Rencontre. C

’est à son domicile, à Bois-Marchand, Terre-Rouge, que Vanessa confectionne depuis près d’un an ses propres bijoux artisanaux. Une passion qui devient au fil du temps un complément de revenus pour cette mère de deux enfants en bas âge. Créatrice de bijoux fantaisie, elle indique que ce métier lui permet à la fois d’arrondir ses fins de mois, tout en se consacrant pleinement à sa vie de famille.

Ancienne élève du Soondur Munrakhun College, Vanessa a étudié jusqu’au HSC, mais travaillait comme “salesgirl” à temps partiel depuis qu’elle est en Form IV. « Après mes études, j’ai pris de l’emploi à plein-temps dans le même magasin. J’y ai réalisé un parcours réussi, car j’ai été promue à des postes supérieurs au fil des années. Pendant la même époque, j’ai accouché de mon premier enfant. Après avoir travaillé huit ans pour le compte de ce magasin, j’ai décidé d’arrêter pour me consacrer à ma famille. Je suis restée oisive pendant deux mois à la maison. Puis, ma sœur m’a proposé de venir travailler dans le supermarché où elle avait aussi pris de l’emploi. J’y suis allée et j’ai travaillé pendant six mois. Je suis tombée enceinte de mon second enfant et ai décidé de démissionner », relate Vanessa.

Quoi que Vanessa ait pris la décision de ne plus travailler pour s’occuper pleinement de ses enfants, le travail lui manquait. Afin qu’elle ne s’ennuie pas, une proche lui propose alors de se joindre au centre des coopératives de Bois-Marchand, où des femmes au foyer sont initiées à une formation en pâtisserie. « Cela me semblait intéressant. Toutefois, quand je me suis inscrite, j’ai appris que le cours en pâtisserie est arrivé à sa fin, mais qu’une formation en création de bijoux artisanaux allait commencer. J’y suis allée un vendredi et c’était le coup de foudre pour ce métier. J’ai rencontré la formatrice qui nous a raconté son parcours. Je me suis dit que si la formatrice a pu réaliser un tel parcours, pourquoi pas moi. Depuis, je me suis consacrée pleinement à cette formation. J’ai commencé à fabriquer des bijoux artisanaux et en fantaisie », avance Vanessa.

Constatant son intérêt pour le métier, la formatrice propose à Vanessa de s’inscrire à une formation plus avancée dans la création de bijoux artisanaux. « La formation au centre des coopératives de Bois-Marchand était gratuite mais pour la formation avancée, qui se tient au Rabita Hall, à Port-Louis, il y avait des frais à payer. Mais vu mon intérêt grandissant pour ce métier, je n’ai pas hésité une minute à dire oui », affirme Vanessa. Après avoir appris toutes les techniques de la création de bijoux, Vanessa décide de lancer un petit commerce à domicile. Les débuts n’ont pourtant pas été faciles. D’abord, elle devait créer un cercle de clientèle et se faire connaître. « J’ai commencé à fabriquer des boucles d’oreilles que je vendais à mes voisines, amies et proches. Je faisais aussi des boucles d’oreilles tissées qui sont très prisées parmi les jeunes. Ensuite, j’ai créé une page Facebook pour afficher mes œuvres et attirer des clients », souligne Vanessa.

Son talent et ses exploits sont transmis de bouche à l’oreille et les commandes commencent à pleuvoir. Vanessa se lance alors dans la création de bijoux sur commande. « Parfois, les clientes trouvent un modèle sur Internet et me demandent si je peux reproduire le même. J’ai essayé et j’ai réussi le coup, au grand bonheur de mes clientes. Parallèlement, je confectionnais des bijoux que je donnais à ma tante et à ma sœur qui les vendaient à leurs lieux de travail. Je me suis fait connaître davantage à travers ces démarches », précise-t-elle. La prochaine étape a été de rejoindre le National Women Entrepreneur Council (NWEC).

En tant que membre, Vanessa commence à bénéficier des facilités mises sur pied pour promouvoir les femmes entrepreneures. Notre jeune entrepreneure a ainsi la possibilité de participer à des ateliers de travail ainsi qu’à des foires organisées pour les entrepreneurs. « Pour ma première foire, j’avais confectionné beaucoup de bijoux et, à ma grande surprise, j’ai presque tout vendu. C’est un encouragement, surtout pour une débutante et créatrice de bijoux amatrice. À cette foire, j’ai rencontré un représentant d’hôtel qui m’a demandé si j’étais intéressée à confectionner des bijoux pour mettre en vente à des touristes. C’était la cerise sur le gâteau. Je ne m’y attendais pas du tout. Aujourd’hui, mes bijoux sont aussi mis en vente dans les hôtels et attirent beaucoup de touristes », fait-elle ressortir. Vanessa explique par ailleurs qu’elle fabrique des bijoux artisanaux, mais très tendance. Elle utilise notamment des cristaux, des colliers de perles, des perles artificielles, des coquillages ramassés sur la plage ainsi que des graines “sipay”. « Je travaille avec tout ce qui me vient en main. Comme bijoux, je confectionne des boucles d’oreilles, des bracelets, des chaînes, des chaînes de pied et des bagues, entre autres », dit-elle.

La jeune femme entrepreneure n’arrive toujours pas à croire ce qu’elle a accompli pendant cette année. « Pour une débutante comme créatrice de bijoux artisanaux, c’est un rêve qui se réalise. Je voulais réussir et j’étais déterminée à le faire, mais je n’avais jamais pensé que cela arriverait tellement vite. Par conséquent, je crois qu’il est temps que je lance une petite entreprise. J’ai d’ailleurs entamé les démarches, notamment en vue d’obtenir une Trade License et j’attends que les élections se terminent pour aller de l’avant. Ma page Facebook porte le nom de “Vanessa Paradis”, mais je compte baptiser mon entreprise “Queen QR Jewellery”. Je ne tarderai pas à devenir une entrepreneure réussie », dit-elle.

Vanessa indique qu’elle travaille seule pour le moment, mais compte bien employer des personnes si elle parvient à établir son entreprise. « Vu le nombre de commandes que je reçois, je ne crois pas pouvoir continuer seule, surtout quand les fêtes de fin d’années approchent », précise-t-elle.

Comme projets d’avenir, Vanessa indique qu’elle s’inscrira à une formation en haute couture l’année prochaine. « Cette aventure me plaît tellement. Après la bijouterie, je souhaite me lancer dans la haute couture, puis pourquoi pas dans la décoration comme fleuriste car j’adore confectionner des bouquets. Ensuite, je pourrai éventuellement ouvrir un atelier de haute couture exposant et vendant tous mes produits, comme les vêtements haut de gamme, des bouquets ainsi que des bijoux artisanaux assortis. C’est mon prochain objectif et je le ferai à tout prix », conclut-elle.