Ce texte est un début d’essai, à continuer ensemble. Une invitation adressée à chaque

Bruno-Dubarry

lectrice, chaque lecteur, pour imaginer le charisme mauricien. Une recherche qui dépasse le sujet politique, parce qu’elle appelle tout un pays à se mouvoir autrement. Prêtons-nous à cet exercice et au-delà du style, nous contribuerons certainement à construire la place de Maurice dans ce XXIe siècle.

Mirages du passé et promesses d’avenir. La culture a cela d’abouti, qu’elle amène des individus aux origines diverses à se réunir autour de valeurs et de biens communs. Chose frappante dans notre pays, tant d’énergie a été consacrée à construire des récits de passés concurrents. Ce qui est fait, est fait. N’y-a-t’il  pas intérêt en cette 50e année d’indépendance à magnifier ce qui nous réunit ? Oui la tâche est toute autre, mais ce qu’elle implique comme effort est tout ce dont notre pays a besoin : contempler ce qui a été achevé ensemble, pour savourer cette culture mauricienne à part entière et s’en servir comme d’un socle solide sur lequel bâtir notre avenir. Les pratiques de division ont vécu, tout indique qu’il n’y a plus rien de bon à en attendre. Alors quelle est la promesse d’avenir ? Là aussi point de secret, il faut y travailler collectivement. Dans sa définition, il nous faut y attacher une utopie vers laquelle tendre. Une utopie structurante, qui s’ancre dans la réalité mauricienne et répond à des aspirations essentielles comme celles de transmettre un pays prospère et pacifique aux générations futures ; chose qui semble évidente aujourd’hui, mais nous savons tous quelle est la fragilité des équilibres de notre société.

 L’appel au charisme doit-il s’entendre comme l’incantation presque romantique d’un « Génie mauricien » pour reprendre les célébrations de la Révolution française, ou passer par la recherche scientifique comme celle du Britannique H. Ellis (A Study of British Genius) ? Chacun peut voir à quel point la recherche de références ou cadres de réflexion, dans les pays et empires coloniaux dont est issue notre population, est terriblement limitative. Et puis, il faut réaliser qu’il y a une continuité au-delà des bouleversements historiques. La Royauté et la République, l’empire colonial et la décolonisation, l’esclavage et son abolition, la guerre et la paix, les succès et les échecs économiques, les réformes sociales… Nous pouvons aisément voir que chaque période a révélé l’essence du peuple mauricien : attacher à sa patrie, ancrer dans l’océan Indien et tourner vers le monde.

Il nous appartient en tant que citoyens d’étudier notre histoire commune, pour en saisir les ressorts et y ajouter davantage de contenu patriotique ; matière indispensable pour accompagner cette lente marche vers une nation mauricienne. Enfin dépassons les habituels antagonismes, soyons provocateurs et pour reprendre une devise historique revisitée dans le récent documentaire sur « Amédée Maingard : une histoire mauricienne » de T. Vuillermet, pourquoi ne pas prendre pour point de départ : « ni Français, ni Anglais, Mauricien suis ».

Souhaiter de 2018 qu’elle soit porteuse d’espoirs, c’est bien. A plus forte raison devons-nous nous attacher individuellement et collectivement, à en faire une année porteuse d’actions résolues. Et malgré toutes les peines récentes, Bonne Année à tous !