Depuis le début de l’année, l’alternance politique aidant, la population mauricienne assiste, ébahie, à une série de scandales politico-financiers défrayant la chronique.? Ce déballage, successif, asséné, à qui mieux mieux via médias interposés, dans une surenchère intense, donne un peu le tournis à ce bon “peuple admirable” ! Mettant en scène des protagonistes les uns aussi tonitruants que les autres, une question se pose : tout se réduit-il au seul rapport de forces?
L’Assemblée nationale étant en congé prolongé, il faut bien d’autres plateformes pour servir d’exutoire salutaire.
D’aucuns nous servent leurs couplets dithyrambiques, nous voici projetés dans une escalade verbale de dites crises alléguées en diverses sphères de l’organigramme de l’Etat.
Ces épisodes spectaculaires créent une situation où les repères se brouillent entraînant la confusion des genres. Des maladresse par-ci ou des dérapages, par-là, voilà qu’on nous parle de crise! Tantôt institutionnelle tantôt constitutionnelle ! Y sommes-nous réellement? Sur la base de quelle démonstration documentée ces assertions reposent-elles? A force de marteler ce type de discours, ne court-on pas le risque d’impacter la conscience collective et d’y instiller le soupçon induisant subséquemment le doute sur toutes nos institutions censées être des garants du “vivre ensemble”?
Toute société est traversée de tensions ! Si encore l’institution école (ou autre structure de formation) avait armé nos compatriotes en leur pourvoyant d’outils d’analyse, l’esprit critique aurait logiquement suivi! Ces instruments indispensables – pour exercer une citoyenneté vivante – nous auraient aidés à prendre de la distance et du recul nécessaire devant ces actualités déferlantes afin de cerner les problématiques avec sérenité. Cette carence n’offre-t-elle pas, ainsi, cette populace, malléable, à la désinformation et aux manipulations y découlant, comme une victime consentante ? Cornélius Castoriadis, dans son ouvrage intitulé “L’imaginaire social” démonte, de manière magistrale, tous ces mécanismes de conditionnement subi !
Il n’est pas trop tard pour se ressaisir, de part et d’autre, ensemble, lucidement. Sur la base de nos convictions respectives, engageons-nous, chacun dans son rôle, dans ce processus de “reconnaissance mutuelle, tels que nous sommes, en tant qu’acteurs du système social”. Apprenons à gérer ces situations conflictuelles, somme toute normales avec pleine conscience des défis vitaux qui sont en jeu !