La direction du Parti travailliste (PTr), son leader Navin Ramgoolam en tête, a eu la bonne initiative, samedi dernier, de commémorer la mémoire d’un des plus flamboyants tribuns disparus de notre pays en la personne de Guy Rozemont. C’était, dimanche 15 novembre dernier, le 100e anniversaire de la naissance de Rozemont et il ne fallait absolument pas manquer l’évènement. Pas seulement le PTr, mais l’île Maurice tout entière doit effectivement à cet homme, parti à l’âge de 41 ans seulement, tout l’engagement qu’il mit pour la justice sociale, pour l’amélioration du sort de la classe ouvrière en sus d’avoir été un des pionniers de la lutte pour l’Indépendance.
Et c’est justement en reconnaissance à Guy Rozemont que, peu de temps après sa mort, par le biais du ministère de la Santé, le gouvernement travailliste alors en place donna son nom à la salle no. 11 de l’hôpital Victoria, à Candos. La raison en était que ce fut dans cette salle que le tribun trépassa après une brève maladie.
Or, depuis 2013, non seulement la salle no.11 du centre hospitalier est devenue la salle… no.12, mais, qui plus est, la plaque même qui portait le nom de Guy Rozemont est maintenant introuvable !
En fait, ce qui s’est passé a de quoi choquer; il se trouve que c’est le ministre de la Santé en fonction en 2013, Lormus Bundhoo, de surcroît un travailliste lui-même qui — s’il ne l’a pas lui-même décidé — aura permis que ladite plaque soit enlevée pour être remplacée par une autre à sa propre gloire et à celle du constructeur Sadaseeven Tayelamay sous prétexte qu’ils ont tous deux rénové la salle. Et, comme si cela ne suffisait pas, pour bien qu’on sâche qu’il y a contribué financièrement, M. Tayelamay — un activiste travailliste très connu de Vacoas — a fait apposer une deuxième plaque, celle-là précisant que c’est sa firme de construction et lui qui sponsorisent la salle no. 11 devenue depuis salle no. 12 et transformée dorénavant en bloc pédiatrique.
Pauvre Guy Rozemont ! Comme disait Léo Ferré, avec le temps s’en va, tout s’en va. On n’est jamais mieux trahi que par les siens… Aujourd’hui, c’est la salle d’un hôpital, lequel établissement avait été également un aboutissement de ses combats contre l’administration coloniale britannique. Et dès le début de l’année prochaine, le Conseil municipal de Quatre-Bornes achèvera de détruire aussi le stade de football qui porte son nom. A la place du stade Guy Rozemont donc il est prévu la construction d’un Trafic Center et, probablement, le nouveau marché de la ville !  Cela aussi a été une brillante idée de l’administration municipale travailliste en fonction entre 2005 et 2010 ! Et jusqu’où pourrait-on compter sur l’actuel gouvernement Lepep pour restaurer ce que les travaillistes eux-mêmes détruisent de leur propre Histoire ?