Nous avons eu avec Vision 2030 la stratégie pour le « deuxième miracle économique du pays ». Il y a aussi urgence de planifier la politique démographique afin de freiner le vieillissement de notre population. Notre République fait face à un sérieux manque d’enfants. La natalité est en constante régression ; cette dernière décennie a vu quelque 500 naissances de moins tous les ans. Les chiffres crient haut et fort à quel point les Mauriciennes donnent naissance à moins d’enfants que par le passé : les 22 600 naissances en 1990 sont passées à 20 000 en 2000. La régression s’est accélérée. En 2010 : 15 006 naissances et en 2014 : 13 415 naissances. Nous avons donc plus que jamais besoin de familles stables pour accueillir les bébés et leur offrir une qualité de vie où ils se sentent acceptés, en retour de quoi ils apporteront une nouvelle vitalité à notre pays sérieusement menacé par le vieillissement. C’est la planche de salut aux défis démographiques qui nous guettent.
Deux autres facteurs expliquent la baisse dans le nombre de natalités.
Il faut compter avec une émigration de nos jeunes adultes, surtout chez ceux qui ont eu la chance d’entreprendre des études supérieures à l’étranger, un facteur qui diminue le nombre de jeunes couples mauriciens.
Les mariages se font à un âge plus avancé. Si la famille de deux enfants est devenue la norme, il y a hésitation pour accueillir un troisième. On met en avant les conditions socio-économiques et matérielles : avenir incertain, peur du chômage.
Quels vont être les points forts de la politique familiale que préconisera le gouvernement en place pour relever le défi de la natalité ? Nous avons préparé une série de sept articles pour soulever des questions afin de dégager ensemble certaines solutions qui nécessiteront l’effort conjoint du gouvernement et des citoyens. Un dossier ouvert où toutes les suggestions sont bienvenues pour enrichir le débat.
Relancer la politique familiale
L’heure est à une culture de vie porteuse d’espérance. Il faut modifier la politique officielle du pays depuis les années 1960 et construire maintenant un environnement favorable aux familles de plus de deux enfants.
Dans le contexte actuel de rajeunir notre pays, il est important d’être au courant de toutes les méthodes de planification familiale ; mais il est nécessaire de ne pas nous enfermer dans une mentalité essentiellement contraceptive. Il faut savoir que la venue d’un enfant non programmé qui est accueilli avec courage et de façon positive est souvent celui qui vient apporter le plus de soleil et d’imprévus à un programme de vie bien codifié. Il y a nécessité donc d’avoir des mesures positives d’action afin que chaque famille soit lieu de liberté, une école de responsabilité et une source de force intérieure. La modernité met beaucoup d’accent sur l’avoir. Avec la tendance moderne du « toujours plus et encore plus », il faudra toutefois savoir dissocier l’essentiel du superflu.
Vers quelles nouvelles législations ?
Au gouvernement d’étudier quelle politique familiale ouverte et constructive établir pour encourager la fécondité des familles et le retour à l’équilibre démographique ? Comment arriver à un partage des activités parentales ? Avec la transformation sociale majeure associée à la croissance de l’activité professionnelle, promouvoir une image positive de la famille est indispensable pour assurer le plein épanouissement des enfants. Il faut susciter la coopération des parents. Dans le monde du travail, ils assistent à des sessions pour améliorer leur performance ; verra-t-on l’ouverture des écoles des parents qui enseigneront des recettes pour consolider la vie familiale en vue d’ajouter du bonheur et du soleil dans la vie en commun ?
D’où la nécessité de publications et de projections audiovisuelles pour guider les futurs parents et éviter des erreurs qui blessent l’enfant et enveniment le climat familial.
Quelle sera la politique officielle de logement pour les familles de plus de trois enfants ? Non aux trop petites maisons qui posent déjà problèmes dans les cités ouvrières. S’il faut, dès maintenant, prévoir un aménagement du territoire, un plan d’urbanisme et du transport en commun pour le plus grand nombre de personnes âgées, il faudra aussi prévoir pour les familles plus nombreuses.
Quelles nouvelles formes d’aide pour les enfants gardés à domicile ou dans des crèches ? Comment diversifier le mode de garde des enfants ? Comment mieux assurer leur surveillance pendant les vacances ?
Il faudra savoir encourager l’aide des grands-parents, non seulement pour vivre des temps heureux ensemble, mais aussi pour la transmission des valeurs.
Non à la paupérisation des familles nombreuses
Quelles prestations mettre en place pour les familles à petit budget afin qu’une nouvelle grossesse ne soit pas perçue uniquement comme un fardeau et des dépenses supplémentaires ? Quelle prime accorder à la naissance ?
Verra-t-on l’introduction d’abattements fiscaux pour les familles nombreuses ?
Quelles nouvelles mesures instaurer pour les familles de plus de 3 enfants : possibilité de travail à temps partiel et à des congés de maladies des enfants ?
La coordination est nécessaire entre les différents ministères – santé, famille, jeunesse, travail – pour des lois non seulement à moderniser mais surtout à faire approuver et mettre en oeuvre. Tout cela doit être revu dans l’intérêt des enfants et des familles. Pourquoi un délai si prolongé concernant la Children Act qui n’est pas passée au parlement à cause de certains retards des ministères concernés ? Le second miracle économique ne pourra se réaliser dans la durée qu’avec une population qui se rajeunit et qui a toutes les capacités de bien se prendre en charge.
À SUIVRE… 2. « Des familles stables »