La Mauritius Tourism Promotion Authority est à nouveau présidée par Robert Desvaux, comme elle l’a été entre 2005 et 2010. Le président vient de faire l’objet de vives critiques lors de l’examen en comité du budget du ministère du Tourisme, dont dépend la MTPA. Il s’en explique en répondant à nos questions.
Quelle est cette histoire – révélée lors de l’examen du budget en comité – d’une contractuelle qui semble vous suivre comme votre ombre dans les institutions où Xavier-Luc Duval vous nomme à la présidence : la MTPA, l’Empowerment Fund… ?
Cette personne, qui est une contractuelle, travaillait à la MTPA avant que je ne sois nommé président. Quand son contrat est arrivé à expiration, il n’a pas été renouvelé. Elle a cherché et obtenu un job à travers le MEF. C’est comme ça qu’elle a travaillé dans le social. Quand je suis revenu à la présidence de la MTPA, on m’a donné pour mission de renouer avec la situation que nous avions à la MTPA avant les élections de 2010.
Voulez-vous dire que la MTPA n’a pas fonctionné comme il le fallait pendant l’absence du PMSD au ministère du Tourisme ?
Tout Maurice le sait : il n’y a pas eu d’événements avec une visibilité internationale pour le tourisme à Maurice pendant quinze mois, de 2010 à 2011. Pour faire repartir les choses à la MTPA, j’ai fait appel aux contractuels avec qui nous avions travaillé à l’époque. La personne en question ne voulait pas revenir au départ, puis elle a accepté. Depuis, les choses sont en train de repartir dans le bon sens à la MTPA.
En dehors de cette contractuelle, n’y a-t-il personne parmi les employés de la MTPA qui puisse s’occuper du dossier Célébrités ? Vous êtes en train de me dire que la MTPA ne fonctionne pas bien avec ses effectifs « normaux » ?
En tout cas, il n’y a pas eu d’événementiels avec des célébrités à Maurice ; donc le job n’a pas été fait pendant quinze mois. Il y a beaucoup de diplômés compétents à la MTPA, mais cela ne veut pas dire qu’ils ont des relations dans le réseau des jet setters et connaissent des célébrités. Par contre, la contractuelle connaît bien ce réseau, a les contacts nécessaires, et a travaillé dans pas mal d’agences au niveau des VIP. Le tourisme fonctionne à travers des réseaux, celui des tour operators mais aussi celui des jet setters dans lequel évoluent les célébrités. Si on n’est pas dans ce réseau-là, on ne peut faire venir de célébrités à Maurice. Il n’y aucun spécialiste en célébrités à la MTPA : il n’y a que des généralistes des tour operators.
Le personnel de la MTPA va apprécier. Cette contractuelle est-elle donc indispensable au fonctionnement de la MTPA reprise par le PMSD ?
Personne n’est indispensable, mais cette personne a les contacts qu’il faut pour organiser les événements, inviter les célébrités, et faire parler de Maurice dans la presse internationale. La population sait que pendant quinze mois, il n’y a pas eu à Maurice d’événementiels, avec des célébrités et des retombées internationales, comme c’était le cas dans le passé, entre 2005 et 2010.
Vous me parlez du grand retour de la compétence et du professionnalisme à la MTPA. Mais ce retour a été marqué par un flop : l’organisation du concert d’un artiste indien, à qui on a payé d’avance Rs 1 million, et qui n’a pas eu lieu…
Un concert qui n’a pas eu lieu encore est un terme plus exact. Ce concert, organisé dans le cadre de Divali, avait pour but de faire venir une artiste indienne qui aurait fait parler de Maurice dans la presse indienne. Le problème est que le concert avait été fixé pour le 24 octobre, et que l’artiste avait été engagée et payée – en partie – d’avance pour cette date. Puis, le concert a été avancé au 23 octobre, mais l’artiste avait déjà des engagements signés pour cette date. C’est pour cette raison qu’elle n’a pas pu faire le déplacement.
Trouvez-vous professionnel de la part de la MTPA d’avancer la date d’un concert à la dernière minute ? Est-ce ça, le retour du professionnalisme à la MTPA ?
Ce n’est pas la MTPA qui a avancé la date du concert, mais un comité interministériel responsable de l’organisation. Mais ce n’est que partie remise, puisque le concert aura définitivement lieu en décembre. J’aimerais souligner que tout le travail de la MTPA, sa mission, n’est pas visible dans la presse mauricienne mais dans les journaux internationaux.
Permettez moi de souligner, à mon tour, que la mission de la presse mauricienne, c’est de poser des questions sur la manière dont l’argent des contribuables mauriciens est dépensé. Et la MTPA est financée par les contribuables mauriciens !
Je suis entièrement d’accord avec vous, et c’est pour cette raison que je réponds à vos questions. Mais il faut bien comprendre la mission de la MTPA, qui est d’obtenir le maximum de visibilité pour Maurice dans la presse internationale. Et c’est un travail de spécialistes, pas de généralistes.
Dans cette perspective, à quoi sert donc la MTPA ? Il faudrait logiquement remplacer les généralistes par des spécialistes des célébrités.
Je n’ai pas dit ça. Je dis par contre qu’il faut revoir les structures de la MTPA pour que le silence de 15 mois – entre juin 2010 et septembre 2011 – ne se reproduise plus. À notre retour à la MTPA, nous nous sommes aperçus que les structures de cette institution n’étaient pas bonnes, et qu’elle ne marchait pas par manque de input. C’est pour cette raison que nous faisons appel à des contractuels et revoyons les structures.
Si je suis la logique de votre propos, faudrait-il conclure que la MTPA ne fonctionne bien que quand vous en êtes le président ?
Je n’ai pas cette prétention. Il n’y a pas que le président qui fait tourner la MTPA. Elle fonctionne bien quand il y a un système qui tourne facilement, qu’on sait y insuffler le dynamisme nécessaire, peu importe la personne qui la préside.
Je vous rappelle que la MTPA a un directeur général en poste depuis pas mal de temps…
Je vous redis que la population mauricienne a constaté la différence entre la MTPA de 2005 à 2010, et la MTPA des quinze mois qui ont suivi les élections. Ils vont faire la différence entre la MTPA jusqu’à juillet 2011, et celle de maintenant.