Arjoon Mohit, 31 ans, est formateur pour la firme Ruboise International. Avec des objectifs très précis, il offre des conseils en leadership, management et “personal effectiveness”. Notre interlocuteur déplore l’absence d’un engagement « profond » des employés à l’entreprise, ce qui, selon lui, conduirait à une baisse de la productivité. Dans cette optique, il conseille aux employeurs de valoriser le capital humain.
À ce jour, vous avez formé plus de 5 000 Mauriciens en “leadership”, “customer service” et “management skills”, entre autres. Qu’est-ce qui vous distingue des autres formateurs dans ce domaine ?
Outre les conseils dans ces divers secteurs, j’accorde énormément d’importance au développement personnel au sein de mes formations. D’ailleurs, ce volet occupe 40% de l’organisation de mon cours. Certes, la formation des employés varie selon la culture de la société, le profil des participants ou encore des objectifs que souhaite atteindre l’entreprise en question. Mais en améliorant la confiance en soi du personnel, je suis certain de percevoir des résultats positifs plus rapidement. D’ailleurs, la tonalité de la voix ou encore le “body language” ont un impact vraiment important en entreprise, et même sur une audience. Mais l’essentiel, c’est d’implémenter les conseils prodigués durant leur apprentissage au sein de l’entreprise et dans le quotidien.
Quelles sont les lacunes que vous observez chez les Mauriciens ?
Les Mauriciens sont pro-actifs et ne font que ce qu’il leur est demandé de faire. Je note cette attitude également chez les diplômés. Ils n’arrivent pas à se démarquer par ce « petit plus », malgré leurs compétences techniques. D’autre part, le critère de l’expérience est privilégié par divers compagnies. Or, l’expérience ne devrait pas être mesurée selon la durée, mais selon la qualité. Prenons pour exemple le métier d’avocat. Un avocat avec cinq ans d’expérience peut mieux faire que celui qui y travaille depuis plus de 15 ans. C’est pour cela que tout employé doit développer sa perception, sa créativité, son imagination, son raisonnement et sa mémoire. Ce sont les critères clés pour cultiver ses facultés mentales. En somme, le monde du travail ne recherche pas uniquement des employés brillants, mais plutôt ceux qui sont doté d’une compétence technique irréprochable avec un engagement envers l’entreprise. C’est pour cela qu’il est primordial que tout employé se penche sur ses lacunes afin de donner le meilleur de lui. Chaque échec symbolise un mécanisme de “feed-back”. C’est ce qui devrait encourager tout individu à réajuster sa stratégie pour atteindre ses objectifs.  
En mettant en pratique vos conseils, toute entreprise gagnerait donc en productivité ? Ou est-ce un idéal que vous chérissez ?
Certes, la formation contribue à un changement de “mindset”. D’ailleurs, je dispense rarement des cours durant toute une journée, parce que je juge important le recul par rapport à ce qui a été abordé lors des formations, ainsi que son implémentation. Mais il faut également reconnaître que les employeurs ont le devoir de mettre en place un cadre idéal afin que les conseils prodigués puissent être mis en pratique. C’est ce qui donne place à la valorisation du capital humain en entreprise. Et c’est ce qui contribue à une meilleure productivité, dans tous les cas de figure.