Nous avons tendance à critiquer les politiques pour souligner leur manque de connaissances et de compétences qui peut les mener à faire, dire ou écrire n’importe quoi. On l’entend régulièrement au Parlement. Depuis jeudi matin, on sait qu’ils ont de sérieux concurrents dans l’administration publique en la personne de son dernier chef en titre. Les Mauriciens ont appris par les radios privées que le chef de la fonction publique est un « noubaniste », en d’autres mots, qu’il protège « son bann » professionnels. En l’occurrence le chef de la fonction publique ne s’occupe que du sort des fonctionnaires. Pour ceux qui l’ignoreraient, ce chef a fait publier un communiqué pour interdire aux fonctionnaire d’aller travailler en raison des pluies diluviennes ­— qui ne tombaient plus — et des risques d’inondation qui pouvaient survenir. Le communiqué du chef de la fonction publique ne concernait que les fonctionnaires, pas les autres travailleurs du secteur privé qui font tout autant tourner la machine économique du pays. Quand on lui a fait remarquer qu’il avait ostracisé plus de la moitié des employés mauriciens, le chef a fait répondre qu’il n’a fait que suivre le protocole international en vigueur. Tout comme celui que le ministre Sinatambou aurait respecté dans son affaire de ration de biscuits pour les sinistrés. Des protocoles dont on aimerait bien pouvoir lire les textes. Le chef de la fonction publique n’en est pas à ses débuts dans les bévues monumentales. Sa toute première fut d’installer Lady Jugnauth à la table de la délégation mauricienne participant à l’Assemblée générale des Nations unies au lieu de la diriger vers les loges prévues pour les conjointes des chefs d’Etat. Déjà, à l’époque, on s’était rendu compte de l’étendue de ses connaissances. Son communiqué de jeudi matin ne fait que confirmer ce sentiment. Il faudrait toutefois lui rappeler un fait : ses salaires, allocations et autres jetons de présence sur les boards des corps paraétatiques sont aussi payés par les employés du secteur privé, à travers les taxes directes et indirectes !

Dimanche dernier, la direction de la MBC a retrouvé les « bonnes habitudes » de la télévision de l’ancien régime. Il faudrait d’ailleurs noter que plus ça va, plus cette direction reprend à son compte les pratiques de la télévision travailliste dénoncées par Lalians Lepep pendant sa campagne électorale. Des pratiques exécutées par certains employés spécialistes du retournement de vestes politiques et des caresses des ministres dans le sens du poil. Comme quoi, plus ça, change plus c’est la même chose ! Insatisfaite des critiques contre ses ratés lors du passage du cyclone Berguitta, la direction de la MBC a fait lire un communiqué dans le JT pour répondre à Sok Appadu sur certains des propos de ce dernier tenus dans Week-End, dimanche dernier. Or, l’ex-directeur de Météo ne faisait que reprendre ce que des milliers de Mauriciens avaient pu constater : la chaîne de radio – télévision nationale ne sait pas fonctionner en dehors des missions qui lui sont assignées par l’Hôtel du gouvernement. En l’occurrence Sok Appadu s’étonnait, avec raison, que contrairement à ce qui se passait autrefois en temps d’alerte cyclonique, la MBC télévision a été incapable de diffuser un programme spécial. Alors que Maurice était en classe 3, la MBC a continué à diffuser des ségas, des variétés, des films et des recettes de cuisine comme d’habitude. Pire, il a fallu que des radios privées soulignent son absence pour qu’elle fasse dérouler une bande passante sur ses écrans annonçant que Maurice était en classe 3. Mais il y a eu mieux cette semaine dans le dysfonctionnement de la télévision nationale. Savez-vous que la MBC n’a envoyé aucune équipe de sa rédaction pour filmer les images de l’impressionnante tempête électrique annoncée par la météo, et qui a tenu éveillés des milliers de Mauriciens mercredi dernier ? C’est avec des images d’un employé de la MBC, qui ne travaille pas à la rédaction, et aux images des téléspectateurs que la télévision nationale a pu diffuser des images de la tempête électrique, jeudi soir. La raison de ce grave manquement professionnel réside sans doute dans le fait que la rédaction de la MBC n’avait pas reçu d’instructions de l’Hôtel du gouvernement pour le faire ! Dans un passé récent, le board de la MBC avait suspendu le DG et le responsable de l’information pour ne pas avoir couvert les incidents liés à l’installation du tracé du Metro Express à Beau-Bassin. Est-ce que cette fois le board va suspendre toute la rédaction pour ne pas avoir couvert l’évènement météorologique de mercredi dernier ?

Il faudrait que quelqu’un dise à Pravind Jugnauth d’arrêter de dénoncer systématiquement les gouvernements du passé dans ses discours. Il avait commencé avec les tuyaux de la CWA non remplacés pendant cinquante ans et, cette semaine, il a continué avec la non-construction de drains. Pour Pravind Jugnauth, c’est « bann gouvernement avant ki na pas finne faire narien ». Il faudrait lui rappeler que son père et lui ont fait partie de nombreux gouvernement « avant » et qu’à ce titre, il est aussi coupable que ceux qu’il dénonce aujourd’hui.