Steve Obeegadoo a réussi son coup : faire le débat sur l’avenir du MMM quitter les instances mauves pour devenir un sujet d’actualité. Il faut dire qu’il a beaucoup été aidé dans son entreprise par le leader du MMM, dont il fut, pendant une période, le dauphin presque désigné. Paul Bérenger ne semble toujours pas avoir réalisé que les années de braise, aussi glorieuses qu’elles furent, sont loin derrière nous et que le temps où le lider maximo régnait sans conteste sur le parti et où ses propositions étaient votées à l’unanimité est révolu. Qu’a donc dit de nouveau Steve Obeegadoo dans son interview accordée à Week-End dimanche dernier qui lui a valu une motion de blâme qui sonnait comme une motion d’expulsion ? Rien de ce qu’il ne dit dans les réunions des instances du MMM où on l’accuse d’être trop doctoral, de faire trop long, trop intellectuel, de ne pas être assez présent à Maurice et sur le terrain, et de garder une trop grande distance par rapport aux militants. Steve Obeegadoo n’a rien inventé : le MMM est en perte de vitesse et on le constate à chaque élection suivie de défections. Ses stratégies politiques se sont révélées désastreuses, les dernières étant l’alliance “imbattable” avec Navin Ramgoolam et la désignation de la néophyte Nita Juddoo à Quatre-Bornes où travaillaient depuis des années Vijay Makhan et Satish Boolell. Comme pour l’alliance avec le PTr, Paul Bérenger, suivi comme un seul homme par la direction du MMM — dont Steeve Obeegadoo —, a cru que les militants ne pouvaient que plébisciter sa dernière trouvaille. Comme c’est le cas depuis plusieurs années déjà, il s’est lourdement trompé car le militant — et l’électeur — ne suivent plus les consignes de vote. Surtout les siennes. C’est sur la désaffection des militants et des sympathisants déçus que le MMM devrait réfl échir s’il veut encore avoir une chance de continuer à exister sur la scène politique. Pas en organisant des votes pour satisfaire l’ego du leader en divisant ce qui reste du MMM.

Dans le contentieux qui l’oppose depuis la fi n de septembre dernier à son ex-CEO Juan Carlos Zara, la direction de Mauritius Institute of Directors semble avoir tout fait pour démontrer que tout en étant supposée promouvoir la bonne gouvernance, elle est incapable de mettre en pratique les leçons qu’elle donne. En se faisant payer cher pour cela. Depuis le début de cette affaire, on assiste à un viol systématique des règles de la bonne gouvernance. Elle a commencé sur des chapeaux de roues en licenciant son ex-CEO sans lui donner l’occasion de s’expliquer. Il a utilisé Internet et la presse pour expliquer dans quelles circonstances il a été limogé : pour avoir dénoncé un possible confl it d’intérêts impliquant la présidente. Forcée de s’expliquer, la présidente a donné plusieurs versions, dont une selon laquelle Juan Carlos Zara ne convenait pas pour le poste. En oubliant que c’était elle qui l’avait recruté et que le MIoD l’avait payé pendant 16 mois pour faire le travail de CEO alors qu’il ne convenait pas au poste ! Dans la foulée, la direction a mis les employés au pied du mur : soit ils restaient en suivant les directives de la nouvelle direction, soit ils prenaient la porte. La moitié a décidé de s’en aller et de poursuivre l’institut en justice pour constructive dismissal. L’organisme qui donne des leçons de bonne gouvernance au secteur privé se retrouve aujourd’hui en Cour industrielle avec quatre plaintes pour licenciement abusif ! A suivi un bras de fer au cours duquel la direction du MIoD ne s’est épargné aucune peine pour mener la vie dure à son ex-CEO. Ses permis de résidence et de travail lui ont été enlevés, l’obligeant à acheter des billets d’avion aller-retour pour pouvoir quitter le territoire et rentrer à Maurice. Son fi ls s’est retrouvé, du jour au lendemain, privé d’école. Son boni a été diminué et on lui a fait toutes sortes de misère avant de lui payer son déménagement pourtant prévu dans son contrat. Cerise sur le gâteau, le déménagement a été payé une première fois par un chèque qui n’était pas approvisionné ! Le deuxième a été versé sur le compte de son avocat, qui a dû l’encaisser avant de lui en faire un nouveau à son nom. Ce qui représente une série de délais et de démarches administratives. Toutes ces manoeuvres utilisées contre Juan Carlos Zara relèvent de la mesquinerie et de la mauvaise foi d’un employeur qui veut en faire baver le maximum à un ex-employé qui ose élever la voix. Mais c’est peut-être ce genre de pratique qu’on appelle bonne gouvernance au MIoD.