Le Dr Aparna Jaswal, Senior Consultant Cardiologist and Electrohysiologist au Fortis Escort Heart Institute à Delhi, compte 15 ans d’expérience dans le domaine. Cette spécialiste de l’électrophysiologie cardiaque traite, entre autres, les anomalies du rythme cardiaque et elle est la seule spécialiste des implants cardiaques en Inde. Elle détient un MBBS (médaillée d’or), un MD (Medecine) et un DNB en cardiologie. Membre de l’équipe de spécialistes de Fortis qui visite Fortis Darné plusieurs fois par an pour, entre autres, effectuer les implants cardiaques sur les patients, elle a traité avec succès une cinquantaine de cas à Maurice. Elle nous en parle.
Le président de Fortis Darné, Ashish Bhatia, a fait part récemment de son rêve qu’aucun Mauricien n’aie à quitter le pays pour se faire soigner à l’étranger. Qu’est-ce qui se fait pour concrétiser ce voeu ?
Le fait même que nous soyons là a pour but d’offrir des services de haut niveau. Nous avons posé une quarantaine d’implants sur des personnes ayant connu une insuffisance depuis novembre 2010. Pas plus tard qu’hier j’ai vu un patient sur qui j’ai mis un implant en 2010. Il était très malade lorsqu’on l’a examiné et il avait des insuffisances tous les deux mois. Il est en très bonne santé maintenant et est très reconnaissant de n’avoir pas été admis depuis 2010. Il y a huit mois j’ai examiné un malade et j’ai dit à ses parents qu’il était si mal en point que je ne pouvais garantir le succès de l’intervention. Ils m’ont répondu qu’ils savaient qu’il était très malade mais insistaient pour qu’il subisse une intervention. Je leur ai dit qu’ils devraient assumer tous les risques. Ils m’ont demandé d’aller de l’avant quand même. Je l’ai vu cette semaine après une année et il n’a pas été admis une seule fois. Tout cela démontre bien ce que nous faisons ici. En fait le patient voulait parler à la presse etc. Nous avons changé leur vie en implantant le Cardiac Resynchronization Therapy Device. Cela a changé leur vie. Cela leur a permis de vivre une meilleure vie plus longtemps.
Avant 2010 ce service n’était pas disponible…
Non, il n’existait ni dans le secteur privé ni dans les services gouvernementaux avant 2010. Techniquement cela constitue un défi intéressant. Nous maîtrisons très bien la technique. Il y a cinq mois je suis venue à Maurice pendant cinq heures. Il y avait un patient qui sans cet implant serait décédé. La famille a demandé à Fortis Darné de me faire venir à Maurice. J’ai fait l’intervention avant de retourner en Inde. Le patient est venu me voir et avait l’air très heureux.
Le service cardiologique est donc complètement nouveau et bien équipé ?
Tout à fait. Nous avons aussi bien les équipements que les médecins compétents. Le Dr Ashok Seth a introduit les nouvelles technologies disponibles. Nous traitons le système électrique du coeur, faisons les études électrophysiologiques et les radio frequency ablations. Nous traitons également les patients ayant une insuffisance cardiaque. Mais cela ne se fait pas de manière régulière dans l’île, ce qui explique que le service que nous offrons dans la clinique est unique. Le traitement du système électrique du coeur n’est pas disponible à Maurice. Pour ceux qui ont un battement cardiaque lent nous implantons un pacemaker et ceux qui ont un battement rapide nous enlevons le circuit qui est responsable de cela. Pour ceux qui sont très malades nous leur donnons des CRTD afin qu’ils se sentent mieux.
Quelle est votre évaluation de la santé cardiaque des Mauriciens ?
Je ne peux pas dire que toute la population est en bonne santé. Un tiers de la population a le diabète, ce qui est très élevé. Ce n’est pas bon. J’ai aussi vu beaucoup de forte tension, beaucoup d’obésité. La consommation d’alcool est élevée. Il y a également la cigarette. Toutes ces facteurs doivent être pris en considération par tous les Mauriciens afin de vivre une vie saine. Les exercices sont indispensables pour tous. Le taux de problèmes cardiaques est assez élevé et la population doit le réaliser et faire des efforts dans ce sens.
Fortis Darné fait des check up préventifs. Au-delà d’un certain âge, les hommes doivent effectuer un test et en cas de problèmes suivre le traitement adéquat.
Est-ce que vous pratiquez également la cardiologie pédiatrique ?
Je ne suis pas une cardiologue pour enfants. Je sais que certains médecins mauriciens seront formés dans ce domaine.
Quel est votre message pour les Mauriciens ?
Les maladies cardiaques peuvent être évitées si les précautions sont prises. Alors chacun doit faire attention.