Le manager de la Doha Secondary School soutient que cet établissement mérite les subventions qu’il réclame depuis cinq ans et qu’il ne s’agit nullement d’« un cadeau » qu’aurait fait le Premier ministre à l’école et à qui il exprime sa « reconnaissance ». Sadek Polin dément les rumeurs persistantes selon lesquelles la direction de l’école aurait investi dans d’autres projets éducatifs.
La PSSA vous a-t-elle confirmé le paiement des grants à votre école à la fin de juillet ?
On vient de confirmer au collège l’obtention des subventions.
Peut-on connaître le montant que vous percevrez par mois ?
La PSSA a fait une évaluation de l’école dans toutes ses dimensions et c’est à elle de déterminer le montant. Je n’ai aucune indication à ce sujet pour le moment.
On évoque avec persistance l’acquisition d’un terrain et d’un collège privé au Sud par les directeurs de la Doha Secondary School ; vous n’auriez donc pas des problèmes financiers si vous aviez investi ailleurs ?
C’est faux de dire que nous venons de faire des nouvelles acquisitions. Nous ne sommes pas là pour faire du business. Nous invitons ceux qui sont en train de dire n’importe quoi à venir le prouver avec des documents à l’appui. La Doha Secondary School, qui se trouve à Curepipe et qui percevra des grants, est le seul établissement que nous avons. Je vous assure que nous sommes en difficultés financières et que nous attendons les grants pour payer nos enseignants et d’autres membres du staff.
Vous avez cette année près d’un millier d’élèves, on peut dire que l’annonce des subventions en décembre a été un bon “boost” pour votre établissement ?
A la fin de l’année dernière nous avions 650 élèves, ce qui est un nombre supérieur à celui stipulé dans les critères pour l’obtention des subventions. Et nous avons pour cette année 925 élèves sur le registre. Chaque année nos admissions tournent autour de 200. Si ces grants comme vous dites ont “boosté” notre population estudiantine, c’est seulement par une augmentation de 75 élèves.
Selon une communication officielle de la PSSA, tout demandeur pour une subvention doit obligatoirement avoir un département Prevocational, or vous n’en avez pas ; cela ressemble à une petite faveur des autorités ?
C’est vrai que nous n’avons pas pour l’heure ce département mais nous savons que plusieurs collèges privés subventionnés n’en ont pas non plus. Il est préférable que vous alliez demander à la PSSA et au ministère de l’Education s’ils nous ont fait une faveur. Je voudrais dire que la Doha Secondary School a pris l’engagement d’en avoir un à partir de l’année prochaine. Je maintiens que nous obtiendrons cette subvention parce que l’établissement est conforme aux normes fixées par la PSSA. Nous avons des enseignants qualifiés et nous n’admettons pas des élèves qui n’ont pas le CPE. Les officiers de la PSSA ont fait une évaluation de l’école à tous les niveaux et ont vu qu’elle fonctionne selon les règlements en vigueur.
Vous allez bénéficier désormais de l’argent public, est-ce que votre école est accessible à tous ?
Il y a des gens qui sont en train de dire n’importe quoi pour nous discréditer. Notre école est ouverte à la population mauricienne. C’est faux de dire que nos élèves viennent uniquement de la communauté musulmane. Nous avons des élèves qui sont d’autres confessions religieuses et c’est le cas aussi au niveau du personnel.
Ne pensez-vous pas que tout parent choisissant une école payante devrait être conscient des exigences financières ?
Il y a des gens qui sont en train d’insinuer que la Doha School est une école pour les riches et ce n’est pas vrai. C’était une école payante mais elle était ouverte à tous sans distinction. Les élèves que nous admettons depuis son ouverture en 2003 sont issus de divers milieux socio-économiques. Nous avions un système de sponsorship dans le cas des enfants pauvres. Savez-vous que 40 % à 50 % de nos élèves de SC et de HSC bénéficient de l’aide de la sécurité sociale pour participer à ces examens ?
Comment faites-vous subitement face à des difficultés financières ? Est-ce que les propriétaires de l’école n’ont pas anticipé une augmentation du coût de la vie ou est-ce parce que les sporsors étrangers ne contribuent plus ?
Nous avons bénéficié de l’aide des sponsors étrangers uniquement pour la construction et l’aménagement du collège qui a coûté Rs 30 M. Nous n’avons rien reçu de l’étranger pour le fonctionnement de l’école. Depuis cinq ans, ceux qui ont travaillé sur le budget de fonctionnement nous ont prévenus que nous ferions face à des difficultés dans les années à venir, donc ce n’est pas vrai de dire “subitement”. Conscients des problèmes économiques mondiaux, nous avons commencé il y a cinq ans à réfléchir sur les alternatives pour une aide financière pour pouvoir continuer et on a songé alors à faire une demande de subventions de l’État. Nous avons des dossiers au ministère de l’Éducation depuis cinq ans. Quand le Premier ministre est venu au collège en janvier 2012 pour la remise des prix annuelle, nous lui avons exposé la situation financière difficile et il a été convaincu par les faits. Avec 100 élèves c’est facile de couvrir les dépenses courantes mais nous avons plus de 900 élèves. Le fonctionnement de l’école nous coûte à peu près Rs 1,2 M par mois.
Vous devez être un homme heureux maintenant puisque « le Premier ministre a fait un cadeau à Doha », tel que l’a affirmé le député Hossen dans un meeting à la veille des élections municipales… Un cadeau en remerciement de quoi ?
Nous avons reçu l’information bien avant les élections municipales qu’il y aurait un développement positif à notre demande de subventions. Ce n’est pas un cadeau dans le cadre des élections municipales. Notre collège est situé à Curepipe et la majorité de nos élèves viennent du sud du pays et d’autres sont de Port-Louis. Je suis très reconnaissant envers le Premier ministre qui a pris une grande décision par rapport aux enfants pauvres. Il a compris que nous sommes des gens sérieux et il nous fait confiance.
Pensez-vous que d’autres collèges payants qui réclament eux aussi la subvention de l’État auront la même chance que vous ?
Nous avons emmenés le gouvernement à ouvrir la porte à tous les collèges payants pour avoir la possibilité de bénéficier des subventions et ces collèges auraient dû nous remercier au lieu de nous critiquer. Ils n’ont qu’à améliorer la qualité de leur service et le nombre d’élèves. S’ils respectent tous les critères je ne vois pas comment le gouvernement leur refusera une subvention. Il est inadmissible qu’en 2013 certains collèges ne fonctionnent qu’avec 150 élèves et “dan bann batiman kot ena 4-5 lasam ki apel lekol”.
Pour l’admission en Form I en 2013, votre collège respectera-il le principe de la régionalisation ?
Nous respecterons les critères établis par la PSSA et le ministère. Nous avons reçu une lettre nous demandant de communiquer le nombre de places en Form I l’an prochain. Cette année nous avons 12 classes de Form I et l’an prochain nous n’aurons que huit classes de 25 élèves chacune.
Comptez-vous faire votre entrée au sein de la Fédération des managers des collèges privés ?
Puisque nous sommes maintenant un collège privé fully grand-aided, nous ferons peut-être une demande d’admission au sein de cette Fédération.