Monsieur Poutine aurait entendu les cris de détresse de la population de Crimée. Pourquoi pas ? Ce n’est pas un délit dans le code pénal de se prendre pour Dieu. D’autres ont eu des vocations semblables, dont le dernier en date régnait sur l’autre côté du Pacifique… un certain George W qui aurait, d’après ses aveux, nettoyé l’Irak, leur enseignant au passage les rudiments de la démocratie. Et il l’a fait si efficacement que, jusqu’à ce jour, les Irakiens ont, paraît-il, une gratitude sans bornes pour lui ; mais comme ce sont de bons asiatiques, ils cachent bien leurs sentiments.
C’est bien d’entendre la détresse des gens. La population de Crimée ne devine sans doute pas la chance qu’elle a d’avoir attiré l’attention de son bienveillant voisin. En tout cas, elle a eu beaucoup plus de chance que d’autres qui se trouvent de l’autre côté de la frontière, en Russie. Car c’est là où le bât blesse. C’est qu’il y aurait en Russie qui prétendent qu’ils n’ont pas assez de démocratie. Comme quoi, ce n’est pas seulement le pays des fromages et des bons vins qui produit d’éternels insatisfaits…
Mais alors, c’est sans doute un peu comme avec les coiffeurs. Tout le monde sait que les meilleurs coiffeurs sont les plus mal coiffés. Il n’est donc pas étonnant que les choses soient ce qu’elles sont dans l’empire du nouveau tsar. Le tout, ce que ça n’empire pas. D’ailleurs, il y a une petite consolation d’être au fond de l’abîme : les choses ne peuvent qu’aller mieux…
L’Ukraine a tout fait pour « mériter » son sort. On n’y plante pas de l’opium comme en Afghanistan. Ils ne produisent pas de pétrole comme l’Irak ou la Libye. Pire, ils doivent même acheter du gaz avec le gentil voisin qui vient de leur rendre leur dignité en majorant les prix, question de ne pas faire les ukrainiens avoir l’impression d’être des mendiants. Et ils n’ont apparemment pas d’armes chimiques, que leurs voisins très pacifiques, eux, ont en stock…
Ne nous méprenons pas. Poutine n’est pas moins démocrate que George W qui, lui, est certainement antidémocrate viscéral, étant un bon républicain. Non, Poutine, lui, traite les problèmes à la racine. Les démocrates, il les honore à sa manière en les mettant en prison, histoire de leur fournir le logement et la nourriture gratis, aux frais de l’Etat.
Mais soyons juste. Nous ne pouvons pas accuser Poutine de tous les péchés du monde. Par exemple, ce n’est pas lui qui a commencé la guerre de Crimée du temps de Florence Nightingale. En effet, il ne serait pas encore né, dit-on. Il n’est même pas une réincarnation de Raspoutine. Même si, par certains côtés, il serait de la même race…
Alors à qui profite la Crimée ? A qui profite le crime.
Conclusion : Je n’aurai pas de ticket aux jeux de Sotchi…