La majorité des bœufs ne passent pas en quarantaine

À l’approche de la fête Eid-Ul-Adha, célébrée le 12 août, les polémiques autour du prix de la viande, l’âge de l’animal ou encore la nécessité de passer en quarantaine avant d’être vendu, font à nouveau surface. Des bouchers déplorent ainsi le monopole que détient un certain parc qui fait la pluie et le beau temps en ce moment. D’après les renseignements recueillis, ce parc ne respecte pas les règlements par rapport à la vente de bœufs pour le Qurbani. Le prix du bœuf sur pattes a été fixé à Rs 132,50 le kilo, mais il semblerait que certains clients ont dû payer Rs 145 le kilo.

« Cette année encore, une ferme détient le monopole sur l’importation des bœufs. Par conséquent, elle opère selon “ses règles”. Récemment, nous avons eu des clients qui sont venus se plaindre à nous. Ils soupçonnent que les bœufs vendus à eux sont âgés de moins de deux ans. Or, selon la Charia (loi islamique), les bœufs qui seront sacrifiés doivent être âgés de deux ans ou plus.

Quand les clients vont sur place, il est primordial que les animaux soient pesés en leur présence. Le client doit aussi pouvoir vérifier si le bœuf est âgé de plus de deux ans. Un exercice qui se fait en vérifiant les dents de l’animal. Mais aucune de ces procédures n’est suivie en présence du client. Nous avons mené une petite enquête et nous avons constaté que 60% des bœufs vendus sur le marché sont âgés de moins de deux ans », affirment les bouchers.

Par ailleurs, les bouchers dénoncent que certains importateurs ne respectent pas le prix du bœuf sur pattes fixé à Rs 132.50 le kilo par le ministère de l’Industrie, du Commerce et de la Protection des consommateurs. « Des clients nous ont confié qu’ils ont payé jusqu’à Rs 145 le kilo. Cela dit, le prix fixé par le ministère n’est point respecté. La fête approche à grand pas et les clients, de peur qu’ils n’aient de bœufs à la dernière minute, ont accepté de payer le prix exigé, soit Rs 145 le kilo.

Ce genre de magouilles existe depuis plusieurs années mais à ce jour, aucune sanction n’a été prise contre ces parcs », indiquent-ils.

D’autre part, les procédures de quarantaine seraient mises en veilleuse pour les animaux arrivés par bateau récemment et ceux de cette semaine n’auront ainsi pas le temps de passer en quarantaine. « Dès que les animaux arrivent, ils sont vendus aux clients, en raison de la grande demande. Généralement, les importateurs doivent attendre 14 jours après l’arrivée des animaux avant qu’ils ne soient vendus », dit-il.

Le ministère de l’Agro-industrie a émis six permis d’importation pour 4 080 bovins de l’Afrique du Sud pour le Qurbani 2019, à savoir 3 800 par le parc Socovia Ltée, 200 par La Ferme Bellagro Ltée et 80 par le Tarzan Livestock Co-operative Sty Ltd. « Sur les 3 800 têtes de bétail de Socovia Ltee, 600 ont déjà atterri le 5 juillet 2019 et un deuxième lot de 1 631 le 15 juillet 2019. 600 autres devraient atterrir le 23 juillet 2019. Socovia Ltée a confirmé que la société n’en importerait pas plus de bétail pour Eid-Ul-Adha 2019 », avait souligné le ministre.

Or, selon les bouchers, ce parc attend des têtes de bétail jusqu’à la semaine prochaine. « Nous avons appris que d’autres bœufs arrivent à Maurice à la fin de cette semaine et la semaine prochaine également. Or, tous les bœufs auraient dû déjà être à Maurice depuis longtemps afin qu’ils puissent compléter leur quarantaine avant qu’ils soient livrés aux clients », soulignent nos sources.

La Mauritius Meat Authority (MMA) n’a pas fait venir de bœufs cette année pour le Qurbani. Selon nos sources, cette organisation a seulement la responsabilité de sacrifier les animaux amenés par des clients le jour de la fête. « Ce qui explique pourquoi les clients n’ont pas un choix varié. Ils doivent se fier à ces parcs », précisent nos sources.