Le leader du MMM trouve que le discours du budget est « décousu, désordonné et décevant » et contient ici et là une série de petites mesures qu’il qualifie de « confetti ». « Ena enn ta de mezir konfeti o poin ki nou kapav dir ke se enn bidze konfeti », a commenté hier soir Paul Bérenger lors d’un point de presse. Pour lui, le ministre des Finances a complètement raté son premier exercice budgétaire. « Coup d’essai, coup raté » n’a cessé de répéter Paul Bérenger, qui était entouré hier soir de tous les députés de son parti.
De l’avis de Paul Bérenger, le budget ne reflète nullement les discours pleins de promesses tenus par Xavier-Luc Duval ces derniers jours. Le budget 2012 déçoit, dit-il, « parce que le ministre a fait preuve d’un manque de vision et d’imagination face à la crise qui frappe de plein fouet les États-Unis et l’Europe ». Il note que ce dernier, en affirmant que la situation économique de Maurice est nettement plus favorable que celle qui prévaut ailleurs, a fait référence uniquement aux pays qui sont les plus en difficulté en ce moment comme par exemple la Grèce. « Il n’a fait aucune mention des pays qui font beaucoup mieux que Maurice comme par exemple Singapour, l’Indonésie, l’Inde et certains pays de l’Afrique subsaharienne ».
En commentant le taux de croissance indiqué par Xavier-Luc Duval pour la prochaine année financière, soit un chiffre de 4 %, inférieur au taux actuel (4,2 %), Paul Bérenger dira qu’il s’agit ni plus ni moins que d’un « aveu d’échec » de la part du ministre des Finances. Le leader du MMM souligne qu’une baisse du taux de croissance signifie clairement une augmentation du chômage et ajoute que ce sont particulièrement les jeunes qui sont déjà le plus sévèrement touchés par le manque de création d’emplois. « Actuellement 36 % des chômeurs ont moins de 25 ans. Malgré les schemes annoncés, la situation au chapitre du chômage ne s’améliorera pas ».
Le leader du MMM constate que le secteur privé a obtenu tout ce qu’il avait demandé. Il s’attend à une relance des investissements à la fois par les promoteurs locaux et étrangers. Il relève que le ministre n’a pipé mot sur la politique de roupie forte.
Toujours sur le plan économique, le leader du MMM n’est pas convaincu d’une amélioration du sort des PME car selon lui il s’agit d’une répétition des mesures déjà annoncées depuis quelques années. « Repromet ankor. Les PME risquent à nouveau de faire les frais d’un effet d’annonce ».
Paul Bérenger déplore l’introduction d’une taxe de 10 sous sur chaque SMS, une mesure « inutile » qui risque de porter un coup dur particulièrement aux jeunes, pour qui le recours au SMS fait partie désormais du mode de vie. « Sa mezir-la pou enerv bokou bann zenn e bann itilizater SMS ».
S’agissant de l’administration régionale, le MMM ne voit pas d’un bon oeil la mise en place d’une Local Authorities Governance Unit. Pour Paul Bérenger, cette mesure indique une tendance vers la « centralisation » au détriment de l’autonomie des municipalités et de Rodrigues. « Li clair ki gouvernman santral pe rod santralize ek akapar bann minisipalite e Rodrigues », constate Paul Bérenger, qui fustige aussi le silence du discours du budget sur les prochaines élections municipales.
Après les critiques, le leader du MMM a toutefois relevé deux mesures qu’il qualifie de très positives, en ne manquant pas de souligner qu’il avait à plusieurs reprises dans le passé parlé dans le même sens. Il a ainsi salué l’augmentation du montant de l’Overseas Treatment Scheme (pour les malades qui doivent recevoir des soins à l’étranger) qui passe de Rs 200 000 à Rs 500 000. « C’est une bonne chose et j’en suis très content. Plusieurs fois j’ai été très touché et peiné par les difficultés rencontrées par les familles des malades qui doivent obligatoirement recevoir des traitements à l’étranger. À plusieurs reprises j’ai demandé de rehausser le montant du scheme car les Rs 200 000 étaient insuffisantes. J’en ai personnellement parlé à Navin Ramgoolam », a déclaré hier Paul Bérenger. Ce dernier salue la décision d’une contribution gouvernementale pour la mise sur pied de syndics dans les appartements de la NHDC. « Se enn demand ki mo ti fer avek insistans o Parlman me Abu Kasenally ti rezet sa. Mo kontan ki finn retenir sa lide me bizin implement li aster. Nou pou veye », a prévenu M. Bérenger.
Le leader du MMM donnera le coup d’envoi des débats budgétaires mardi prochain.