Le secteur sucrier a pris une série de mesures dans le but de réduire le taux de brûlis à moins de 20 % de la surface sous canne, a appris Le Mauricien dans les milieux proches de l’Industrie sucrière. Cette démarche s’inscrit dans le cadre des indicateurs de performance dans le secteur sucre depuis 2009 pour le décaissement des fonds de l’Union européenne.
Depuis que Maurice s’est engagée à produire du sucre raffiné et des sucres spéciaux selon des normes européennes très strictes, il est primordial que la matière première arrivant à l’usine soit de première qualité, fait-on ressortir. Une canne brûlée veut dire, pour l’usinier, moins de pureté au niveau de sa matière première, et donc plus de difficultés dans la fabrication d’un sucre de qualité.
De plus, un des nouveaux indicateurs de performance dans le secteur sucre depuis 2009 pour le décaissement des fonds de l’Union européenne concerne le brûlis de canne, et plus précisément la réduction des superficies brûlées dans le cadre d’une politique de protection de l’environnement.
Les compagnies sucrières, se disant conscientes des enjeux pour le pays, ont pris des engagements fermes pour réduire au maximum le brûlis – soit bien moins de 20 % des surfaces plantées.
La pratique de brûlis, selon les sources sucrières, est en baisse drastique. Les membres de la MSPA se disent conscients des enjeux de production, de sécurité et des enjeux environnementaux, et ont adopté une pratique de green harvest.
Dans les milieux sucriers, on souligne que les gros planteurs s’adonnent souvent à la pratique de brûlis. Or, les champs de ces derniers sont fortement mécanisés, et la mécanisation donne de plus en plus la possibilité de « récolter à vert » et ainsi rend le brûlis superflu. « Ce ne sont que certaines superficies, qui ne sont pas encore mécanisées ou qui ne peuvent l’être à cause de la topographie, qui sont parfois brûlées quand il n’est pas possible de faire autrement. Avec la mécanisation grandissante, cette pratique de brûlis deviendra plus rare pour les membres de la MSPA », fait-on ressortir.
« La pratique de brûlis se fait selon une méthodologie et un code de procédure très stricts qui ont été définis conjointement avec la police et d’autres autorités concernées pour un meilleur contrôle de tout brûlage de champ des membres de la MSPA », explique-t-on.
La MSPA, la Mauritius Sugar Authority (MSA) et la force policière se rencontrent de façon régulière depuis plusieurs années afin de convenir d’un programme de brûlage de champs, et de s’assurer d’un suivi par les autorités concernées.
Dans les milieux sucriers, on fait ressortir que des cas d’incendies criminels existent dans certaines régions de l’île et font du mal à toute l’industrie sucrière, petits, moyens et gros planteurs, de même que les usiniers. « Les membres de la MSPA collaborent pleinement avec les autorités (la MSA, la police et les pompiers) afin de mettre un terme à ces incidents qui portent atteinte à l’économie nationale. La pratique du brûlis, dans le long terme, n’est certainement pas dans l’intérêt de l’Industrie. Leur intérêt se retrouve dans la diminution et le contrôle de cette technique », souligne-t-on.