Le sujet n’est plus tabou, même aux États-Unis, le temple du capitalisme, où le mouvement “Occupy Wall Street,” qui prend de l’ampleur, est devenu une manifestation de colère contre les abus du système. Dans son dernier message sur l’état de la nation, le Président Obama n’a pas manqué de cibler ceux coupables d’abus financiers et de préconiser de fortes mesures pour réduire les inégalités entre les très riches et les autres. On a vu le CEO de la Banque d’Écosse (renflouée par l’argent public), qui avait initialement pris la décision de s’octroyer un boni de fin d’année d’au moins £1,000,000 et d’autres bénéfices pendant qu’il impose l’austérité aux autres. Sous pression, il a dû y renoncer.
Il est certain que le capitalisme, quand il est mal géré, engendre des disparités qui, de plus en plus, mettent en péril l’équilibre social. Il y a 4 ou 5 ans la Banque mondiale avait mis en garde contre des “food riots.” Lors d’un débat organisé par la BBC dans le cadre du forum de Davos, il a été dit que le “income disparity” constitue la plus grande menace à laquelle le monde doit faire face aujourd’hui. Le printemps arabe est déjà un signal fort.
Réfléchissez sur cette donnée statistique : 200 individus possèdent 40% des richesses du monde. La population actuelle a déjà atteint 7 milliards. Quand on réalise que des milliards d’êtres humains vivent dans le besoin, on peut mesurer l’ampleur de la menace qui nous guette tous.
    Le système capitaliste est-il responsable de la situation actuelle ?
Lors de la crise financière de 2008/09 aux États-Unis, on avait pointé du doigt les Lehman Brothers, les Bernard Madoff et autres banquiers dont la gourmandise n’avait d’égal que leur manque d’éthique ainsi que leur incapacité à gérer la situation – ce qui avait nécessité une injection massive de l’argent public dans le secteur privé. « Nous sommes tous des socialistes maintenant », avait ironiquement titré le magazine américain “Newsweek” en date du 16 février 2009. Ailleurs, on parle de l’étrange mariage entre le communisme et le capitalisme en Chine.
Aucun système n’est parfait. Si l’entreprise privée demeure un facteur incontournable du succès économique, elle devient fragile quand elle est mal gérée. La mauvaise gestion influe négativement sur les résultats d’une entreprise. Certains managers sont performants, d’autres peu ou pas du tout. Le manque d’éthique et d’efficacité est cause, entre autres, de nombreux drames humains qui affligent la société.
Privilégier l’humain au sein de l’entreprise découle du bon sens. Le capital et la machine sont très importants, mais l’humain est décisif. Une entreprise équilibrée s’imprègne de la responsabilité sociale, qui est devenue un élément indispensable de la gestion. Une étude de l’IBM démontre que 68% des entreprises américaines utilisent actuellement le Corporate Social Responsibility comme un outil de croissance. Le business, en effet, ne peut prospérer dans un environnement hostile ou déprimant. Sinon, c’est le déclin.