À quelques heures de la troisième rencontre entre le gouvernement et l’opposition à Clarisse House cet après-midi, le leader de l’opposition a annoncé dans une déclaration au « Mauricien » qu’il comptait faire une proposition pour sortir les négociations de l’impasse. « Je ferai une proposition précise et détaillée pour sortir de l’impasse », a déclaré Paul Bérenger.
Les négociations entre Navin Ramgoolam et Paul Bérenger qui sont accompagnés respectivement par Rashid Beebeejaun et Alan Ganoo ont dominé l’actualité depuis les trois dernières semaines. À leur séparation mardi, les deux dirigeants ont observé que les discussions progressent. En fait, le Premier ministre et le leader de l’opposition sont d’accord sur presque tous les points, c’est-à-dire l’élection de 62 députés sur la base de la majorité simple (FPTP) auquel doit s’ajouter 20 députés choisis sur la base d’une liste présentée par les partis politiques.
Navin Ramgoolam et Paul Bérenger sont également d’accord sur l’importance de la présence des femmes sur les listes électorales, sur la nécessité d’assurer l’intégration de toutes les composantes de la population, sur le maintien du nombre des circonscriptions à 21, dont 20 à Maurice et un à Rodrigues. Ils sont également d’accord sur le fait que les parlementaires ne devraient pas décliner leur appartenance ethnique au moment de l’inscription de leur candidature. Le seul point sur lequel les négociations se poursuivent est le système de best losers.
Le Premier ministre a proposé la semaine dernière que le Best Loser System ne soit pas utilisé durant les prochaines élections générales avant la possibilité qu’il soit réintroduit lors d’une prochaine élection si le besoin se faisait sentir. L’idée n’a pas été retenue par le MMM, qui a jusqu’ici campé sur sa position concernant le maintien d’un système permettant la nomination de 4 ou 6 best losers. On attend de voir quelle sera la nouvelle proposition de Paul Bérenger cet après-midi.
Sur le plan politique, alors que le MMM multiplie les déclarations lors des conférences de presse, le Premier ministre, lui, choisit de passer des brèves messages aux cérémonies officielles. Navin Ramgoolam a expliqué samedi que l’emploi du temps du Premier ministre ne lui permet pas de donner des conférences hebdomadaires en dépit qu’il le faisait alors qu’il était dans l’opposition. Il n’a pas manqué cependant de faire comprendre qu’un leader ne doit pas être un suiveur et que dans le cadre des grands débats comme celui suscité par la réforme électorale, un leader doit pouvoir dire non en restant fidèle à ses convictions.
En dehors de la rencontre de cet après-midi, les regards seront tournés sur le body language des deux hommes politiques lors des cérémonies officielles organisées à l’occasion de l’abolition de l’esclavage demain. Le Premier ministre devait quitter le pays durant le week-end prochain pour une visite officielle en Inde à la tête d’une délégation gouvernement-secteur privé.