La Confédération des travailleurs du secteur privé, par la voix de son secrétaire Reeaz Chuttoo, convie, jeudi 23 février, les représentants de tous les partis politiques et de la société civile ainsi que le public en général, à un débat sur la réforme électorale à son siège à l’arrière du marché de Rose-Hill.
« Jusqu’ici le débat sur la réforme de notre système électoral n’a concerné qu’un petit groupe d’initiés gravitant autour des partis politiques et n’a touché en outre qu’un seul aspect : le Best Loser System », se désole Reeaz Chuttoo lors d’une rencontre ce matin avec la presse au Centre social Marie Reine de la Paix.
« Depuis 2006, la CTSP n’a cessé de faire campagne pour une refonte de notre système électoral et pour que le financement des partis politiques soit plus transparent et accountable », a précisé le syndicaliste.
Selon Reeaz Chuttoo, la très grosse majorité des Mauriciens ignore que les partis politiques à Maurice n’ont pas d’existence légale. Ils n’ont aucune obligation d’être officiellement enregistrés auprès du Registrar of Associations, comme toutes les autres institutions, organisations non-gouvernementales ou sociétés, et par conséquent, d’opérer dans un cadre légal et transparent où ils doivent rendre compte de leur état de situation. « Les partis politiques jonglent avec des sommes d’argent énormes qu’ils reçoivent surtout au moment des élections. Tout cet argent vient pervertir notre démocratie », explique-t-il. « Pena personn ki donn kas pou narien ! », confie-t-il au Mauricien. « Nou tou kone ki ena lantrepriz ek ena individi ki finans parti politik ek an retour zot atann tir zot prop lavantaz ek parti ki eli bien souvan kont lintere la mazorite dimounn ki finn vot pou sa bann parti-la », élabore le syndicaliste.
Dans ce contexte, le secrétaire de la CTSP déplore que tout le présent débat autour de la réforme électorale soit occulté que par l’abolition ou non du Best Loser System (BLS). « Certes, la CTSP est fondamentalement contre le BLS qui n’a jamais servi les intérêts des travailleurs mauriciens en général. Jamais un député correctif ne va défendre les intérêts des travailleurs mauriciens au détriment de ceux du parti qui l’a fait nommer député », explique-t-il. « Me si BLS bizin definitivma aboli se pa le sel elema dan nou system elektoral ki bizin reform. Ena lezot ankor ek met lord dan finansma bann parti politik se enn lot issue bizin egalema au sant bann deba dan kadre reform elektoral », précise-t-il.
C’est dans ce contexte que la CTSP convie, jeudi 23 février, les représentants des partis politiques, ceux des organisations non-gouvernementales et de la société civile, et le public en général, à un débat à son siège à l’arrière du marché de Rose-Hill.
« La CTSP est la seule confédération syndicale qui, depuis 2006, ensemble avec Transparency Mauritius et le Joint Economic Council, fait campagne pour qu’il y ait de la transparence et de l’accountability, c’est-à-dire l’oblizasyon rann kont dan finansma zot parti ek zot eleksyon », rappelle Reeaz Chuttoo. « Lors de ce débat tout le monde aura l’occasion de prendre la parole », promet-il.