Rappeler le Parlement… pour faire l’histoire. C’est ce que souhaite le MMM après qu’un consensus a été trouvé entre les principaux partis quant aux grandes lignes qui devraient dessiner la réforme électorale tant attendue et dont l’adoption a jusqu’ici été repoussée faute d’un minimum de convergence. Tout n’est plus qu’une question de « volonté politique », souligne la direction des mauves qui compte approfondir le sujet ce matin à l’occasion de l’assemblée des délégués qui se réunit à la salle municipale de Belle-Rose.
C’est la première fois depuis que l’actuel système électoral, concocté à la faveur des consultations constitutionnelles de l’époque de l’indépendance, que l’on est si près d’un projet concret de réforme de notre mode de désignation de ceux qui siègent à l’Assemblée nationale. Le MSM qui était réservé se fait plus accommodant, tandis que le PTr, dont les positions sont connues depuis qu’il a adhéré aux conclusions du Select Committee présidé par Ivan Collendavelloo en 2004, se dit partant tout en  recherchant de plus amples consultations avant de décider. D’où le constat, de part et d’autre, que l’on est à deux doigts d’un rendez-vous important avec l’histoire politique du pays. Mais, comme on le sait, à Maurice, entre consensus et décision formelle, il y a un grand pas qui n’est pas nécessairement franchi!
Sur quoi repose aujourd’hui le consensus sur la réforme électorale: sur le maintien du système actuel de First past the postavec une dose de proportionnelle sous la forme d’une Party List de 30 membres, chiffre sur lequel le PTr et le MMM sont d’accord, alors que le MSM est plutôt pour un nombre total de 20.
Autres points de convergence entre les partis engagés dans les discussions sur la réforme électorale, le seuil de qualification de 10% pour aspirer à une représentation sur la liste de parti. Le seul point qui fait débat c’est : quelle liste de parti, un sujet qui a été, selon les recoupements de Week-End, objet d’explications élaborées lors de la rencontre mercredi entre le Premier ministre et le leader de l’opposition.
Il nous revient, en effet, que le MMM, « all things considered », a décidé de s’en tenir à sa position initiale d’une liste de parti établie avant les élections et selon un ordre prioritaire. Le MSM a, lui, fait valoir que le système de liste pré-établie favorisait la création de deux catégories, le député du terrain qui affronte l’électorat et le désigné de la liste de parti qui est lui une espèce de député de salon et que cela est susceptible de créer des frustrations si, en plus, des ministres étaient choisis parmi les « députés salon ». 
Faire de la place aux sous-représentés
Or, le système proposé par le MSM de désigner les députés supplémentaires sur la base des suffrages obtenus des meilleurs perdants, sans critère de communauté, ayant pris part aux élections a été jugé comme devant bénéficier, dans le contexte mauricien, surtout les hommes, ce qui aurait été au désavantage des femmes. 
Le parti soleil a entre-temps évolué sur la question et a proposé de désigner 50% de la liste des désignés sur la base du suffrage et les 50% restants devant aller aux femmes. Quant au MMM, en sus de la priorité accordée aux femmes, il voudrait voir sur la liste de parti, des catégories sous-représentées et qui ont peu de possibilités de mener une campagne et de participer à un scrutin comme les handicapés ou certains segments socioprofessionnels comme les petits planteurs et les pêcheurs, pour ne citer que ceux-là. 
Au sein des trois partis engagés sur la réforme électorale, sur ce dernier aspect de la liste de parti, le constat est que rien n’est parfait et que les propositions peuvent être encore affinées. Il en est ainsi de la possibilité qu’il y ait un certain nombre de candidats qui figurent tant sur la liste des participants à un scrutin que sur la liste de parti et, qu’en cas d’élection, leurs noms soient rayés sur la seconde. 
Le Select Committee, présidé par Ivan Collendavelloo, avait repoussé cette éventualité sur la base de l’argumentaire que les circonscriptions, à Maurice, votent pour trois députés et que cela provoquerait un cafouillage si un des candidats se retrouverait sur la liste de parti. Son comité avait recommandé que seul le ou la leader de chaque parti se retrouvent sur la liste de parti pour assurer sa présence à l’Assemblée nationale. 
Large consensus sur les principales composantes de la réforme électorale dont on débat depuis des lustres. Reste maintenant à savoir maintenant si les convergences vont se traduire en noir et blanc dans un texte de loi, si le pays va saisir cette occasion historique qui lui est offerte…