Ils ont été pêchés et élevés au Centre de Recherche d’Albion jusqu’à ce qu’ils atteignent la taille de 3 à 4 cm. Ils doivent aussi peser en moyenne 2 g pour être relâchés en mer en vue de repeupler le lagon. Cette technique, qui est déjà utilisée au Japon, a été pratiquée également à Maurice pendant la période française et au début des années 90.
Pour cette première, le choix des scientifiques d’Albion s’est porté sur le coordonnier. Pour cause : ce poisson est très prisé en ce moment par les Mauriciens car la saison de reproduction s’étend de novembre à janvier. Pendant cette période, des millions d’alevins sont poussés vers la plage par le courant. Toutefois, une grande partie est détruite par des prédateurs, de mauvaises conditions climatiques et les hommes. D’où l’idée de les pêcher et les élever en captivité, le temps qu’ils soient prêts à repartir en mer.
Malgré toutes les bonnes volontés, le danger est loin d’être écarté. Pour que ces poissons puissent parvenir une taille à valeur commerciale, ils doivent être protégés. D’où un appel des ministres des Finances et de la Pêche à plus de responsabilités parmi pêcheurs et les citoyens.
« Il faut agir contre les pratiques frauduleuses et non pas tomber dans le laxisme. Le gouvernement sera très vigilant à ce sujet. On ne peut pas faire des efforts qui tomberont à l’eau par la suite », dit Xavier Duval. Il rappelle aux pêcheurs qu’il est essentiel de penser à long terme et non seulement à une prise d’un jour. De même, les riverains sont aussi appelés à jouer leur rôle de citoyen en rapportant tout cas de pêche frauduleuse.
C’est, dit le ministre des Finances, un pas en avant pour renverser la vapeur en ce qui concerne la détérioration de notre lagon. « Nous commençons un vaste mouvement de régénération de poissons et de coraux. C’est un nouveau chapitre qui s’ouvre », estime Xavier Duval.
Les pêcheurs sont parties prenantes du projet. Ils seront les bénéficiaires au bout de la chaîne, mais ils auront aussi la possibilité de devenir entrepreneurs en marine farming. Pour cela, ils bénéficieront de formations dispensées par le Centre de Recherche d’Albion.
Quant au ministre de la Pêche, Nicolas Von Mally, il rappelle qu’il faut un système éco-responsable à la pêche. « Les pêcheurs doivent apprendre à respecter leur environnement. Si, par exemple, vous pêchez un crabe ou une langouste avec des oeufs, relâchez-le », a-t-il dit.
Comme Xavier Duval, il lance un appel à la collaboration des gardes côtes et officiers du Fisheries Protection Service. « Autrement, nous nous retrouverons à la case départ », insiste-t-il.
Mais l’on peut bien se demander si un appel pressant auprès des gardes côtes, des pêcheurs et des citoyens suffira amplement à contrecarrer les plans des fraudeurs ?