Le service des prisons, en collaboration avec Media Watch, lance dès aujourd’hui un programme d’alphabétisation et de « numeracy » à l’intention des détenus de la prison de Beau-Bassin. Ce programme – qui bénéficie du soutien de l’écrivain, linguiste et travailleur social Dev Virahsawmy et de Saskia Virahsawmy-Naidoo, membre de Media Watch – a pour objectif d’éduquer, de réhabiliter et de renforcer les capacités des détenus afin qu’ils puissent réintégrer la société au terme de leur peine.
À travers ces cours, les prisonniers apprendront à lire et à écrire dans leur langue maternelle, tout en développant les bases requises en anglais et en comptabilité. Ce faisant, ils seront mieux préparés à trouver un emploi à leur sortie de prison et pourront même créer leur propre entreprise. Les modules proposés sont l’apprentissage de la langue maternelle, la comptabilité ainsi que le passage du kreol mauricien à l’anglais. Selon le Commissaire des Prisons Jean Bruneau, l’élément novateur est le kreol mauricien, qui sera utilisé comme outil d’apprentissage.
Le projet comporte deux phases, dont la première porte sur la formation des « enseignants ». Il s’agira donc de former un nombre restreint de prisonniers et de cadres de la prison afin que ceux-ci forment à leur tour les détenus. Dans un premier temps, 20 personnes (cinq détenus, six personnes ressources et neuf cadres de la prison) seront formées. Au final, les cours, d’une durée de 20 heures, seront dispensés chaque samedi.
Dans la seconde phase, les nouveaux « professeurs » seront appelés à mettre sur pied des cours dans les différentes institutions pénitentiaires. Quant aux facilitateurs, ils assureront le suivi et l’évaluation des formateurs.
Ce projet vise l’intégration socio-économique des prisonniers, leur offrant l’occasion d’accroître leur compétitivité sur le marché du travail. Il faut en effet savoir que nombre de détenus n’ont pas bénéficié d’une éducation de base, ce qui peut s’avérer un obstacle à leur réinsertion sociale. Raison pour laquelle ces modules seront dispensés, à l’instar des cours d’alphabétisation, qui permettront aux détenus d’améliorer leurs aptitudes en communication.