Le groupe ELAN tient la première de trois journées de travail pour des ex-détenus, se déroulant aujourd’hui au Thabor, à Rose-Hill. S’inscrivant dans le cadre d’un projet bénéficiant de l’appui du projet AIRIS/Sida de la COI, cet atelier est axé sur la nutrition et le droit humain. Lindsay Aza, responsable d’ELAN, a déclaré que « cela fait dix ans que notre Ong existe et oeuvre au sein des prisons. Nous avons remarqué une constante augmentation de la population carcérale, et surtout, un fort rajeunissement. De même, la prison des femmes est quasiment surpeuplée ! »
Selon les chiffres officiels, « la population carcérale actuelle est de 2 696, dont 150 femmes », indique au Mauricien, Avekanand Heeramun, Principal Prison Welfare Officer qui est intervenu lors de l’atelier de travail de ce matin, au Thabor. ELAN, rappelle L. Aza, « travaille étroitement en collaboration des prisons. Nous avons des sessions de préparation et d’écoute durant toute la semaine. » L’Ong touche ainsi environ 280 détenus. « Et également une quarantaine d’ex-détenus, chaque quinzaine, vient vers nous », ajoute le travailleur social. Cependant, poursuit Lindsay Aza, « l’augmentation du nombre de détenus et le rajeunissement de la population carcérale sont des signes inquiétants. 93% des détenus s’y trouvent pour des affaires liées à la drogue. Ce qui implique, hélas !, qu’en matière de réduction de l’offre, il y a encore beaucoup de travail à faire… »
L’atelier de travail se déroulant aujourd’hui au Thabor touche une vingtaine d’ex-détenus. ELAN bénéficie pour cela du soutien financier du projet AIRIS/Sida de la COI, piloté par le Dr Renaud Ng Man Sun. « Nous aurons deux autres sessions de travail avec les ex-détenus de Port-Louis et du Sud, explique L. Aza. De ce fait, nous parviendrons à atteindre une soixantaine d’ex-détenus et nous les conscientiserons sur leur nutrition et leurs droits humains. »
Ces activités s’inscrivent dans le cadre des dix ans de l’Ong ELAN. Samedi 17, une autre activité, en présence du DPP Satyajit Boolell, avait eu lieu au siège de l’Ong à Sainte-Croix. La question du gel des avoirs des détenus ainsi que le certificat de moralité étaient au menu. « Le DPP nous a demandé de poursuivre notre campagne de conscientisation et de lobbying pour faire changer les dispositions légales, explique L. Aza. De son côté, il nous a promis de faire activer les choses. »
S’agissant de l’obstacle que représente le gel des avoirs, justement, A. Heeramun, représentant la prison lors de l’atelier de ce matin, concède que « c’est un gros problème. Peut-être peut-on envisager l’ouverture d’un autre compte parallèle et qui sera opéré en toute transparence. Aussi, dans ce cas de figure, il faudra travailler au cas par cas. Mais cela permettrait d’aider certaines familles en attendant que de nouvelles dispositions légales soient prises. »
M. Heeramun devait aussi laisser comprendre « qu’un projet sera bientôt mis en opération, permettant aux détenus de travailler pendant qu’ils sont en prison. Ils toucheront un certain salaire pour ce travail et pourront bénéficier de ce capital lorsqu’ils retrouveront leur liberté. » Ce projet, poursuit M. Heeramun « a pour but d’aider les détenus financièrement. Nous, à la prison, mettons l’accent sur la réhabilitation. Mais celle-ci ne peut être complète sans un travail. Nous croyons en une réintégration dans la souplesse. Kan enn dimounn ena enn travay, li kapav dibout lor so lipie ek okip so fami ! »
Bien évidemment, souligne le Principal Prison Welfare Officer, « il faudra, encore une fois, travailler sur un case-to-case basis dans le cadre de ce projet… »
Avec la « ré-activation du centre Lotus, nous mettons aussi beaucoup en avant les programmes de formation, a aussi indiqué M. Heeramun. Ainsi, depuis 2002, des cours en soudure, cuisine (food production), boulangerie, poultry farming et coiffure, entre autres, sont proposés aux détenus. Tous ces cours sont approuvés par la MQA. »
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