Fondé il y a 15 ans par un marin séropositif, le centre résidentiel de réhabilitation sociale Passerelle, situé à Route Nicolay, à l’entrée nord de Port-Louis, a remis debout de très nombreux marginaux. Le programme de réinsertion sociale que mène le Frère Antonio Ah-Yoon et ses collaborateurs a permis à de nombreux stagiaires de reprendre goût à la vie.
Fonctionnant sous l’égide de l’Association Père Laval des Sans Abris, l’association Passerelle se place au coeur de l’humanité souffrante. Car ce centre résidentiel de réhabilitation sociale puise sa clientèle de toutes les catégories de personnes qui vivent en marge de la société, c’est-à-dire celles vivant avec le VIH/sida, les ex-toxicomanes, les ex-alcooliques, les ex-détenus, etc.
Les fondateurs de ce centre se sont inspirés de la philosophie suivante : « La vie étant ce qu’elle est, avec ses hauts et ses bas, il se peut qu’une personne se laisse entraîner, peut-être sans le vouloir, dans un quelconque engrenage douteux et il n’est pas humain de l’abandonner à son sort ; au contraire, il faut l’aider à se relever et à se tenir sur ses propres jambes ».
L’idée de fonder cette institution de réhabilitation a d’abord germé dans l’esprit d’un ancien marin mauricien, maintenant décédé, et qui était séropositif. Par la suite, s’y sont associés le regretté Bernard Chayet, ex-travailleur social, l’abbé Robert Jauffret et le frère Antonio Ah-Yoon.
Depuis sa fondation en 1996, Passerelle occupe un terrain appartenant au diocèse de Port-Louis à Route Nicolay. Le Frère Antonio, le responsable du centre, a fait des études avancées dans le domaine de la réinsertion sociale à l’université Laval, au Québec. Il a pour principaux collaborateurs Ravind Sobnack et Clarel Gaspard, qui y travaillent comme animateurs.
Au début, le bâtiment qui abrite Passerelle était vétuste. Mais il a été remis en état grâce à la généreuse contribution des membres de la Mission Catholique. « Nous serons à jamais redevables envers ces personnes qui ont été à la base de la création de notre centre de réhabilitation », dit le Frère Antonio.
Depuis 2005, le centre est logé dans un bâtiment moderne, don du Rotary Club de Grand-Baie, dans le cadre du programme Anou Diboute Ensam.
« Notre centre peut accueillir 16 stagiaires au maximum pour un programme de réhabilitation d’environ deux ans. C’est un nombre raisonnable pour qu’un esprit de famille puisse y régner tout le long de l’année, car nous avons affaire à des personnes issues de toutes les couches sociales de notre société multiculturelle ».
La thérapie que pratique Passerelle consiste à encourager les stagiaires à adopter une attitude positive vis-à-vis du déroulement de la vie au quotidien. Chaque nouvel arrivant est invité à signer un contrat à travers lequel il s’engage à respecter les règlements en vigueur dans la maison. Par exemple, il doit scrupuleusement respecter les horaires des programmes ; il doit participer régulièrement au nettoyage des lieux ; il doit chercher à y promouvoir les conditions liées à une vie saine et agréable, etc.