Les employés de la Mauritius Mental Health Association, regroupés au sein de la Private enterprises employees union, déplorent leurs conditions de travail et expriment leurs craintes d’une éventuelle fermeture de leur centre pour cause de difficultés financières. Située à Stanley, Rose-Hill, la Mauritius Mental Health Association, est une ONG qui s’occupe de l’éducation et la formation de personnes avec des déficiences mentales.
« D’une part cela fait cinq ans que nos demandes pour une augmentation de salaires n’aboutissent pas. D’autre part, la direction nous a dit que si leur situation financière ne s’améliorent pas d’ici la fin du mois, elle va fermer le centre », s’inquiète Noorjahan Chuttoo, employée de la Mauritius Mental Health Association (MMHA) et déléguée de la Private enterprises employees union (PEEU), syndicat affilié à la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP). Elle est entourée de Jane Ragoo, présidente de la CTSP, de Parsad Mahendranath, président de la PEEU, et d’une dizaine d’employées de la MMHA.
« Elles sont désespérées parce qu’elle touchent déjà un salaire bien moins que le minimum vital que le Central Statistical Office (CSO) estime à Rs 4 581 », soutient pour sa part Jane Ragoo. Selon la syndicaliste, les quelques 25 employées du centre — toutes des femmes — sont des « Carers », des « Assistant Teachers », ou des « Teachers ». « Pour ce salaire de misère, elles ont à s’occuper d’une cinquantaine de personnes handicapées mentalement âgées de 5 à 50 ans », précise-t-elle.
« C’est un travail que l’on fait par amour, car pour ceux qui fréquente le centre, ces employées sont plus que des mamans à l’écoute de ces personnes handicapées qu’autre chose », poursuit Jane Ragoo. Elle s’indigne du fait qu’en général les employés qui s’occupent de personnes handicapées à travers l’île ne sont pas reconnues par les autorités. « Elles ne sont pas couvertes par un Remuneration Order et leurs demandes d’augmentations de salaires tombent toujours dans des oreilles sourdes », se demande-t-elle.
Noorjahan Chuttoo explique qu’en réponse à leurs requêtes le ministère des Finances a expliqué qu’elles travaillent pour des ONG et que par conséquent leurs demandes pour une augmentation de la subvention gouvernementales à leur association ne peuvent être entretenues. « N’avons-nous pas le droit d’aspirer à un salaire décent afin de pouvoir nous occuper à notre tour de nos propres enfants que nous délaissons pour nous occuper des autres ? », se demande-t-elle.
« J’espère que le nouveau ministre des Finances, M. Xavier-Luc Duval, qui au ministère de l’Intégration sociale, a côtoyé cette grande misère qui sévit à Maurice, ne restera pas insensible, comme ses prédécesseurs, à la détresse de ces employés », lance Jane Ragoo. Elle lance également un appel à la ministre Sheila Bappoo, responsable du développement de l’enfant et du bien-être de la famille, pour s’intéresser à leur cas. « Bizin ki bann minis aret zwenn bann handicape zis kan bizin tir foto. Zot bizin okip konkretma problem ki zot gagne ek ki bann dimoune ki okip handikape gagne », précise-elle.