Les Services des Prisons ont lancé jeudi dernier à la Richelieu Open Prison le Pre-Release Scheme, un plan de soutien visant à faciliter la réintégration d’un détenu à la vie en société. Étaient présents à cette occasion, le Commissaire des Prisons, Jean Bruneau, le Commissaire adjoint de Police, M. Bhojoo, ainsi que des représentants du ministère de la Sécurité sociale, de la Solidarité nationale et des Institutions réformatrices, des Citizen Advice Bureaux et de la National Empowerment Foundation (NEF).
Une vingtaine de détenus qui seront remis en liberté dans six mois bénéficieront, pendant cette période prélibératoire, de causeries animées par des cadres de diverses organisations, d’ateliers de travail et de programmes de soutien.
Lors de la cérémonie de lancement, M. Bruneau a rappelé que le Pre-Release Scheme s’insère dans le cadre de la réhabilitation et réinsertion des détenus. Il s’est appesanti sur le fait qu’il est important de bien préparer les personnes qui quittent le milieu carcéral afin qu’elles réussissent leur retour à titre de citoyen. « L’essentiel réside dans le besoin d’établir des partenariats entre les organismes et les collectivités, conçus pour favoriser une transition réussie, de l’incarcération en tant que détenu à la participation productive dans la collectivité en tant que citoyen », a-t-il souligné. À cet effet, M. Bruneau a lancé un appel pour que toutes les institutions travaillent de concert pour faciliter la réintégration des détenus dans la société.
Le représentant du Commissaire de Police a quant à lui exprimé la volonté des autorités policières d’accompagner les détenus à travers la Crime Prevention Unit afin qu’ils bénéficient de conseils pour se conformer aux lois existantes. Pour sa part, Ida Coombes, présidente de la NEF, a annoncé que l’organisme va mettre à la disposition des détenus des life skills trainers qui les aideraient à retrouver leur place dans la société.
Le Pre-Release Scheme a été renforcé et est davantage axé sur les besoins spécifiques de chaque détenu. Le département des prisons travaillera de concert avec diverses institutions et organismes par rapport aux besoins physiologiques, spirituels et professionnels et à la santé de ceux concernés. Une base de données, comprenant les caractéristiques personnelles et le profil des cas de chaque détenu, sera créée six mois avant leur remise en liberté. Par ailleurs, des institutions spécifiques seront identifiées afin d’encadrer et de soutenir un maximum de détenus après leur libération. Le nouveau plan comprendra également une feuille de route des services disponibles dans la société.
La réussite d’une réinsertion d’anciens détenus dans la société dépend de la réussite des personnes remises en liberté en fonction de plusieurs facteurs clés, notamment l’hébergement, l’emploi, les liens familiaux et communautaires, les programmes pour alcooliques et toxicomanes et l’éducation.
Causeries
Le Pre-Release Scheme vise à encourager les détenus à resserrer les liens avec leur famille et la communauté et à se préparer à leur retour graduel dans la société à travers divers moyens. Ce concept repose sur la philosophie que les détenus font partie de la société et que des moyens doivent être déployés afin de les réintégrer dans la vie de tous les jours. Ce plan de transition a pour objectif d’aider le détenu à ne pas retourner en prison et à devenir un membre productif et actif de la société.
Le Pre-Release Scheme identifie les éléments qui peuvent avoir un impact négatif sur la réintégration sociale des détenus remis en liberté. Ces éléments se rapportent au taux élevé de récidive, le coût de maintien des détenus, la surpopulation dans les établissements pénitenciers, les facilités disponibles dans la société, l’emploi des détenus et la motivation des employeurs pour recruter les détenus remis en liberté, entre autres.
La planification adéquate d’une transition nécessite la participation de divers groupes d’intervenants dont la mission est d’agir en tant qu’équipes de planification de la transition. En effet, l’établissement préalable de contacts avec des prestataires de soins et de services avant la remise en liberté assure une continuité des soins pouvant améliorer les résultats chez les détenus réinsérés dans la société.
Plusieurs organisations non-gouvernementales, agences sociales et ministères participent au Pre-Release Scheme. Ces institutions sont, entre autres : la National Agency for the Treatment and Rehabilitation of Substance Abusers, le ministère de la Santé et de la Qualité de la Vie, la Banque de Développement de Maurice, les services d’emploi, la Crime Prevention Unit de la force policière, la Mauritius Housing Company Ltd, le Help De-Addiction Centre et le Centre Idrice Goomany. Le personnel carcéral, les représentants des services correctionnels communautaires, la force policière, ainsi que les organismes de services communautaires et de perfectionnement de la main-d’oeuvre collaborent ainsi en unissant leurs efforts pour combler les lacunes et assurer un retour réussi à la vie en société aux détenus qui rentrent chez eux.
Les causeries animées par les représentants des différentes organisations sont axées, entre autres, sur la réhabilitation des toxicomanes, l’abus de drogue, le VIH/sida, les maladies non-transmissibles, les valeurs humaines, l’éducation à la vie familiale, l’emploi et la nutrition.