Le ministre de la Santé et de la Qualité de la vie Lormus Bundhoo procède aujourd’hui au lancement d’un service national de dépistage numérique de la rétinopathie diabétique au Diabetes and Vascular Health Centre de Souillac. La mise en application du service national de dépistage numérique de la rétinopathie diabétique s’insère dans le cadre de la vision du gouvernement de minimiser l’impact des complications du diabète à long terme à travers une surveillance ophtalmologique efficace et régulière, un dépistage précoce et une prise en charge appropriée.
Il est impératif que les patients souffrant de diabète bénéficient de dépistage rétinien chaque année car un dépistage précoce et un traitement approprié peuvent prévenir la cécité. La surveillance de la rétinopathie diabétique est effectuée à l’aide de caméras numériques. Le Diabetes and Vascular Health Centre de Souillac est doté de caméras numériques depuis avril 2011. Ce service est disponible à Maurice et à Rodrigues.
Le Professeur David Owens, Consultant Diabetologist à l’Université de Cardiff et conseiller auprès du Premier ministre Navin Ramgoolam, a animé en 2008 des séances de formation sur la rétinopathie diabétique et le dépistage de la rétine à l’hôpital SSRN. Des Community Physicians et des Health Care Assistants ont été formés comme Retinal Graders et Retinal Photographers respectivement. Par ailleurs, depuis 2008, le nombre de diabétiques, qui ont bénéficié de dépistages de la rétine, s’élève à environ 25 000. Ceux qui souffrent de rétinopathie sévère sont référés à l’hôpital des yeux de Moka où le traitement au laser leur est prodigué.
Depuis l’introduction du service de dépistage de la rétine et la mise en place d’équipements sophistiqués pour le traitement au laser, le nombre de patients se rendant à Chennai, en Inde, pour des chirurgies des yeux, a connu une baisse et le pronostic des patients qui sont opérés à Maurice s’est considérablement amélioré.
À Maurice, environ 45 % des diabétiques souffrent de rétinopathie diabétique, qui est la cause principale de cécité dans le groupe d’âge de 18 à 65 ans. Quelque 500 patients par mois bénéficient de traitements au laser et 500 chirurgies avancées des yeux ont lieu chaque année. Ces complications peuvent être prévenues par un dépistage précoce et des soins de qualité, prodigués par une équipe de professionnels de santé multidisciplinaire.
La rétinopathie diabétique est une cause majeure de malvoyance et de cécité. La prévalence de la rétinopathie diabétique augmente avec la durée du diabète et l’importance de l’hyperglycémie chronique. La baisse visuelle ne survient qu’après une longue période d’évolution silencieuse de la rétinopathie diabétique et est causée par ses complications. Le malade peut ne ressentir aucun signe fonctionnel, ni baisse visuelle alors qu’il a déjà une rétinopathie diabétique évoluée et des lésions à haut risque de cécité. Il est ainsi important de dépister précocement les lésions de rétinopathie diabétique car la cécité peut d’autant mieux être prévenue que le traitement est réalisé à temps. Une surveillance ophtalmologique régulière doit, à ce titre, être poursuivie tout au long de la vie du diabétique et le traitement au laser est recommandé avant que la rétinopathie diabétique n’entraîne une perte irréversible de la vision.
Selon la Fédération internationale du diabète, il y a environ 366 millions de diabétiques dans le monde et 4,6 millions de personnes en meurent chaque année. Maurice est un pays où la prévalence du diabète est parmi les plus élevées au monde. Le rapport du Non-Communicable Diseases (NCD) Survey 2009 démontre que le taux de diabète parmi les adultes a connu une augmentation de plus de 60 % depuis 1987. Le taux de prévalence du diabète est de 23,6 % pour ceux âgés de 25 à 74 ans. Un Mauricien sur deux dans la même tranche d’âge est soit diabétique soit prédiabétique.
L’obésité et le surpoids, le manque d’exercice, une mauvaise alimentation et la tension artérielle, sont les principaux facteurs de risque. La NCD Survey 2009 révèle que 16 % de la population est obèse, dont 11 % des hommes et 20,5 % des femmes. Environ 5 % de la population ne pratique aucune activité physique, alors que la prévalence de l’hypercholestérolémie est de 33,5 %.