Le groupe bancaire mauricien SBM Holdings Ltd et le groupe français Société Générale constitueraient le duo final pour l’acquisition de la banque kényane Chase Bank et de sa filiale spécialisée dans la microfinance, Rafiki Microfinance. C’est du moins ce que laisse entendre la presse kényane qui suit de près l’évolution du paysage bancaire du pays.
Selon les informations communiquées par les médias kényans, la banque centrale du pays devrait se prononcer sur le choix final du repreneur « d’ici le 23 juin ». Les autorités bancaires kényanes, indique-t-on, avaient lancé fin mars dernier un appel à manifestation d’intérêt pour la cession d’une participation à la Chase Bank, établissement mis sous sa tutelle en avril 2016 suite à des problèmes de liquidités. La banque centrale du Kenya avait confié à la Kenya Deposit Insurance Corporation (KDIC) la gestion des actifs de la Chase Bank. La KDIC a pour rôle de protéger les déposants en cas de faillite d’une banque.
La taille de la participation des parties intéressées par la reprise de la Chase Bank n’a pas été précisée. Dans les milieux de la SBM Holdings, on indique que les officiels délégués par le groupe bancaire mauricien, dont Jairaj Sonoo, Chief Executive – Overseas Expansion, et Harding Moses – Lead Executive Team, ont eu accès, dans le cadre d’un exercice de “due diligence”, à la base de données dont dispose la banque centrale kényane sur les activités de la Chase Bank. Les milieux proches du dossier ne veulent pas pour le moment s’aventurer sur une possible reprise de la Chase Bank. « C’est un cas très “challenging” », fait-on comprendre dans les milieux de la SBM Holdings Ltd.
La Chase Bank est la troisième banque kényane placée sous tutelle depuis juin 2015, après la Dubayy Bank et l’Imperial Bank. L’effondrement de ces banques, soulignent les médias, avait suscité de nombreuses interrogations sur la santé du système bancaire kényan « marqué par une concurrence acharnée entre une quarantaine d’établissements de crédit pour une population totale de 44 millions d’habitants ».
Notons qu’une douzaine de banques étaient au départ intéressées à prendre une participation dans la Chase Bank. Parmi, on retrouvait les Sud-Africaines Stanbic Bank et First Rand, la Kenya Commercial Bank et le groupe I & M Bank. La Société générale est un géant du secteur des services financiers avec une présence dans 66 pays, dont l’Afrique du Sud, le Bénin, le Burkina Faso, le Ghana et le Tchad. La SBM Holdings, qui a également une présence en Inde, à Madagascar et au Myanmar, a complété le mois dernier l’acquisition de la Fidelity Commercial Bank (FCB) par le truchement de la SBM Bank (Kenya) Ltd. Le groupe a prévu d’injecter un montant de l’ordre de USD 20,6 millions dans le capital de la FCB pendant la première année d’opération.
La direction de la SBM Holdings Ltd a fait ressortir que le rachat de la FCB cadrait avec la stratégie d’expansion régionale du groupe. Le groupe s’appuiera sur sa présence au Kenya en tant que hub est-africain pour étendre son réseau à d’autres pays de la région. Le gouverneur de la banque centrale kényane, Patrick Njoroge, avait pour sa part affirmé que la SBM allait apporter son expérience et son expertise du marché bancaire mauricien et d’ailleurs pour rehausser la compétitivité et la résilience du secteur bancaire kényan. « Going forward, SBM is well poised to play a significant role in financing intra-Africa trade and investments, using Kenya as a launching pad into other African markets. CBK welcomes the interest of foreign banks that will contribute to the emergence of a world-class financial sector », avait-il souligné.