Début juillet, les Mauriciens ont eu l’occasion d’assister à la projection de neuf films documentaires, dont 5 longs-métrages tirés de la collection “Black screen”, qui montrent la lutte des peuples aborigènes d’Australie pour leur reconnaissance. Parmi eux, “Mabo”, qui évoque la bataille juridique de Koiki Mabo pour recouvrer les propriétés de sa famille, transmises sur 16 générations. Une histoire émouvante qui rappelle fortement de nombreuses luttes, dont celle des déracinées des Chagos ou encore ceux ayant perdu des propriétés ancestrales pour des raisons diverses. À cette occasion, la réalisatrice de “Mabo”, Rachel Perkins, était à Maurice. Dans une interview accordée au Mauricien, elle explique que 50 ans après la reconnaissance de l’existence des peuples aborigènes d’Australie, à travers le recensement national, la prochaine étape sera l’amendement de la Constitution pour que cette reconnaissance y soit officiellement inscrite.
Pouvez-vous nous parler de la genèse de ce projet ??
On avait fait une série de sept documentaires sur les aborigènes d’Australie et l’affaire “Mabo” a été la dernière traitée dans ce contexte. Lorsque j’ai pris connaissance de ce cas en faisant le documentaire, j’ai tout de suite voulu en faire un film. C’est ainsi qu’après avoir terminé la série de documentaires, on a entamé le script du film et on est allé sur place pour le tourner. On avait déjà développé une relation étroite avec les membres de la communauté de l’île de Murray, dans le détroit de Torrès, et avec la famille de Koiki Mabo, dont sa femme. Un lien fort s’est tissé et quand on leur a dit qu’on souhaitait en faire un film, ils ont tout de suite dit oui. Donc, c’était une suite assez naturelle du travail entamé.