Nous nous targuons d’être un pays multiracial où l’on pratique la tolérance envers toutes les croyances et cultures qui structurent notre société. Mais derrière cette façade d’un peuple uni se cachent des réflexes communaux et racistes prêts à sortir de l’ombre à tout moment. Les récents propos de l’ex-ministre Soodhun n’ont fait que confirmer qu’à l’aube du cinquantième anniversaire de son indépendance, l’île Maurice n’est pas encore arrivée à bout du racisme.
L’affaire Soodhun a défrayé la chronique, il y a quelques semaines. Un représentant de l’État, vice-Premier ministre de surcroît, tenant des propos sectaires, est tout simplement inacceptable. Il ne faut pas oublier qu’à Maurice, on a souvent tendance à désigner quelqu’un par son appartenance ethnique. Sur les réseaux sociaux, certaines personnes ne se gênent pas pour dénigrer d’autres qui sont d’une autre communauté qu’elles. Sans oublier la tendance de beaucoup de Mauriciens de vouloir s’installer dans des quartiers où ils sont entourés de personnes de la même communauté qu’eux. Que dire des Mauriciens qui voient d’un mauvais oeil des personnes d’autres communautés venir vivre dans leur voisinage ? Un phénomène que l’on constate dans beaucoup de zones résidentielles du pays. Quant aux réseaux sociaux, ils sont devenus des plates-formes privilégiées de dérapages racistes. Des exemples du genre sont, hélas, presque quotidiens.