Lorsqu’elle se joint au Centre d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Active (CEMEA) pour des besoins de formation et se met en stage à l’école maternelle de Bures-sur-Yvette dans la banlieue sud de Paris, Radha Valayden ne se doute pas qu’elle s’embarque alors pour une vie de service, un sacerdoce pour l’épanouissement multidimensionnel de l’enfant. C’est en 1970. Deux ans plus tard, elle rentre au pays et lance en collaboration avec Christiane Koenig une école préprimaire, le Centre d’Entraînement Préscolaire (CEP) à Belle-Rose. Cap sur quatre décennies données à la promotion de la petite enfance.
En 1972, l’île Maurice est à un tournant pour une certaine professionnalisation de l’enseignement à la maternelle. Un comité préparatoire est mis en place pour préparer l’affiliation du secteur éducatif mauricien avec l’Organisation Mondiale de l’Éducation Préscolaire (OMEP). En sont partie prenante Somoo Valayden, Radha Valayden, Christiane Koenig, Jacques Perrotet, conseiller au ministère de l’Éducation à Maurice, et deux religieuses, Soeur Marie-Claire et Soeur Ecclezia.
Il faut dire que Maurice doit une fière chandelle au couple Valayden au sujet de cette affiliation, ayant déjà, en 1970 en France, soulevé la question avec la fondatrice de l’OMEP, Suzanne Herbinière-Lebert. Il s’en est suivi une sensibilisation des pouvoirs publics sur l’importance de la maternelle. C’est ainsi que Radha Valayden devient conseillère pédagogique de l’OMEP pour Curepipe. Des jalons sont jetés au fil du temps – transformation du CEP en école d’application, tournée dans les maternelles, création de quatre centres de formation à Port-Louis, Rose-Hill, Quatre-Bornes et Curepipe.
En qualité de conseillère pédagogique rattachée au centre de formation de Curepipe, Radha Valayden se lance dans une vaste entreprise pour la promotion et la consolidation du secteur préprimaire – création d’écoles maternelles dans le Sud, notamment à Britannia et à Bénarès ; visites pédagogiques dans les écoles privées ; cours de formation au Conseil des districts de Grand-Port/Savanne. Parallèlement, des contacts sont établis avec les administrateurs de l’industrie sucrière en vue de créer des écoles maternelles devant bénéficier aux enfants des familles d’ouvriers agricoles, notamment à Solitude (Triolet), St Antoine (Goodlands), Belle-Vue et aux Docker’s Flats.