L’ancien avocat Prakash Boolell, trouvé coupable dans une affaire d’escroquerie et radié du barreau en 2007, avait présenté une motion en mars 2013 devant le Chef juge pour que son nom figure à nouveau sur le Roll of Barristers. Le Full Bench de la Cour suprême, composé des juges Ah Foon Chui Yew Cheong, Asraf Caunhye et Prithviraj Fekna, a rejeté sa demande, concluant que Prakash Boolell n’a pas réussi à démontrer qu’il y a eu un changement dans son comportement depuis sa condamnation, afin que la cour puisse considérer sa réintégration au barreau.
« We are of the view that in considering the application the main consideration is whether, as at present, the applicant is a fit and proper person whose name should appear on the Roll of Practising Barristers in Mauritius. The applicant has failed to show that there has been any change in his personal circumstances between the 8th of November 2011 (the date of the dismissal of his previous application by the Full Bench) and the 18th of March 2013 (the date of the present application) which would warrant us to consider whether he ought to be reinstated on the Roll », a fait ressortir le Full Bench. Le Directeur des poursuites publiques (DPP) a institué un nouveau procès pour escroquerie contre Prakash Boolell devant la Cour intermédiaire le 10 juin dernier. Il lui est reproché d’avoir donné, le 23 avril 2012, une fausse ébauche avec l’en-tête de la Cour suprême, à un des clients, lui faisant croire que la SBM allait lui payer Rs 12,7 M. Le client avait alors remis la somme de Rs 130 000 à Prakash Boolell pour les frais d’enregistrement de la cour.
Dans sa demande, Prakash Boolell estimait qu’il devait être réintégré après toutes ces années. Le Bar Council, représenté par Me Éric Ribot et le bureau de l’Attorney General, a contesté sa réintégration. Dans sa requête, il avait dit « se battre depuis 22 ans » et que, depuis sa radiation du barreau, son comportement avait été « irréprochable ». Il a de plus soutenu qu’il n’a été condamné pour aucun délit de drogue ni d’action visant à pervertir le cours de la justice, soutenant avoir « beaucoup souffert » depuis son expulsion. Il estime donc avoir le droit de retrouver sa toge.
Prakash Boolell avait été radié du barreau le 30 mars 2007 après avoir été traduit devant un comité disciplinaire institué par l’Attorney General. Cette décision a fait suite à sa condamnation à une amende de Rs 10 000. Le 30 décembre 1992, une accusation formelle d’escroquerie avait été logée contre lui en Cour intermédiaire, pour laquelle il avait plaidé non coupable. Il avait toutefois été condamné à six mois de prison le 24 mars 2003. Son appel avait été rejeté le 26 mai 2004 par l’actuel Chef juge Keshoe Parsad Matadeen et la juge Saheeda Peeroo. Il s’était par la suite tourné vers le Privy Council, qui avait commué sa peine en amende de Rs 10 000. Le Full Bench de la Cour suprême, composé de l’ancien Chef juge Bernard Sik Yuen et des juges Asraf Caunhye et Bushan Domah, avait néanmoins ordonné que le nom de Prakash Boolell soit rayé de la liste des avocats.