Un grand projet monté dans un petit studio dans une maison de Résidence Barkly. Avec Radio pou tou cité, l’équipe de VJMY Prod veut promouvoir les talents méconnus sur internet. Mais c’est aussi une question de détermination pour un groupe de jeunes qui a préféré ne pas s’abandonner au défaitisme en trouvant refuge dans la musique.
La pluie qui résonne sur la tôle présage que Barkly ne sera pas épargné par le froid ce soir. Bientôt 18h30. De la fenêtre du deuxième étage des Tailly, on n’y voit que dalle. Mais on peut deviner les morsures du froid qui a recouvert la ruelle qui mène au coeur de la cité.
Cité ? Non, plus maintenant. On dit désormais Résidence Barkly. Malgré la volonté de changer l’image, certains problèmes sociaux sont toujours d’actualité. Sans parler des préjugés. Animateur commercial, Michael Lecluse sait à quel point cela peut être dur pour un jeune en quête de travail, par exemple. “Dites que vous habitez Cité Barkly et c’est sûr que ça ne marchera pas.”
Pourtant, insistent les jeunes réunis au deuxième étage du 5 rue Ollier, il n’y a pas que du mauvais dans la localité. Il y a surtout des gens qui aspirent au bien-être et qui se débrouillent au mieux de leurs possibilités pour avancer.
Mais pour certains jeunes confrontés au manque d’opportunités, la survie dépend du choix qu’ils sont appelés à faire très tôt, en fonction de la réalité de leur environnement. Vincent Tailly résume la situation : pour des jeunes comme lui, cela s’est joué entre la musique et la drogue. Comme Julian Mélin, il est devenu artiste d’hôtel très tôt, le séga typique leur servant de bouée. Joe Dany Adélaïde et d’autres n’avaient que la rue comme terrain de jeu, et c’est là qu’ils jouaient de la musique. Plus tard, Vincent Tailly a aménagé un studio pour qu’ils puissent répéter. “Cela a été l’occasion pour nous de sortir de la rue et de jouer dans un studio. Nous avons compris la chance que nous avions et nous nous sommes dit qu’il fallait trouver un moyen pour offrir la même chance aux autres jeunes artistes.”