Les radios mauriciennes sur internet sont en effervescence depuis quelque temps. En deux ans, cinq nouvelles radios ont vu le jour. Avec 350,000 internautes mauriciens, ce nouveau marché surfe sur de bonnes ondes.
Il y a dix ans, l’événement audiovisuel à Maurice, c’était le lancement de radios privées. Aujourd’hui, ce sont les sites radiophoniques qui font l’actualité. Même les radios privées se mettent en phase avec l’évolution, permettant au monde entier d’avoir accès à leurs programmations. “La toile est l’avenir de la radio. Le marché du disque se fera sur internet. La vente numérique est en hausse alors que la vente physique baisse drastiquement”, observe Andrew Verrière de DreamSky Radio.
Alors que le site Deezer (diffuseur de chansons) sera bientôt disponible chez nous, les sites radiophoniques envahissent la toile. Au vu de la tendance qui se profile, il n’est pas interdit de penser que l’on verra prochainement encore plus de radios spécialisées sur internet.
Retour positif.
DreamSky, Radio Ado, Tannsa FM, Jarsor Muzik, Onex FM : ces radios existent depuis quelques mois, à l’exception de DreamSky, qui s’est installée depuis plus d’un an. Leurs responsables avouent tous un retour positif des internautes. “Internet devient tellement accessible aujourd’hui que les gens sont constamment connectés et se branchent à la radio sur la toile. C’est une suite logique dans l’évolution technologique”, souligne Andrew Verrière de DreamSky.
“C’est un moyen de proposer quelque chose de différent, musicalement parlant surtout. Sur Radio Ado, nous diffusons essentiellement de la musique gospel, sonorité que l’on entend très rarement sur les radios d’ici”, précise Josué Lafolle de Radio Ado. Onex FM s’est aussi démarquée par son large répertoire de musique tamoule.
Musique locale.
Pour leur part, Tannsa FM de Nitin Chinien et Jarsor Muzik de Jean-Alain Résidu et Sophia Rabaille se focalisent sur une discographie essentiellement locale. “On veut promouvoir la musique locale, d’où ce positionnement pour être une plateforme musicale mauricienne”, souligne Jean-Alain Résidu. Onex FM existe grâce à un groupe d’amis qui voulait d’une radio qui réponde à leurs attentes. “Sur Onex FM, nous permettons aux jeunes de s’exprimer et de partager leurs opinions. C’est un moyen pour les aider à s’épanouir”, souligne DJ Angel.
Ces radios opèrent actuellement sur une base promotionnelle, sans publicités. Elles ne sont donc pas encore entrées dans une phase commerciale. Elles devront alors payer les droits d’utilisation et de diffusion à la MASA. La position de DreamSky est différente. “Mon site est hébergé en France. Je travaille donc avec la SACEM en ce qui concerne les redevances”, souligne Andrew Verrière.
Palette sonore.
Du côté de Radio Ado et Jarsor Muzik, des contacts ont été établis avec la MASA pour des licences d’opération, mais étant encore en mode promotionnel, les trois radios ne perçoivent pas d’argent venant de la diffusion de publicités. “Il y a une licence d’opération que l’on délivre lorsque la radio devient commerciale pour pouvoir récolter les droits d’auteurs et de diffusion”, souligne Hansley Antoine de la MASA.
La plupart de ces sites radiophoniques diffusent de la musique en non-stop. Un choix qui s’explique par un manque de financement pour y incorporer des émissions. “L’option de proposer trois styles de musique sur un seul site vise à séduire plus d’internautes, en leur offrant une palette sonore”, confie Andrew Verrière.
Dans trois à quatre mois, Jarsor Muzik changera la grille de sa programmation, avec des émissions live en week-end, souligne Jean-Alain Résidu. Radio Ado et Onex FM travaillent aussi dans ce sens.
Audiences.
“Les auditeurs sont très variés. Certes, c’est plutôt local, mais je note une forte écoute venant d’ailleurs, surtout d’Europe. La communauté mauricienne cherche ce type de radio sur le net”, explique Jean-Alain Résidu. Il précise toutefois que le site qui héberge sa radio ne peut contenir que 100 auditeurs à la fois. “Je vais prochainement passer à une écoute de 5,000 personnes en même temps.”
DreamSky, qui propose trois radios sur son site dreamsky.mu, brasse large avec DreamSky, DreamSky Tropical et DreamSky Gold. “Pour l’instant, nous comptons entre 300 à 500 écoutes par radio par jour. C’est pas mal, car nous n’avons pas encore lancé la communication autour des radios de DreamSky.”