La deuxième manche du championnat de rallye national se tiendra les 12 et 13 mai. Une trentaine d’équipages s’affrontera sur un tracé qui n’a pas encore été divulgué. Nous avons rencontré le pilote Reaz Gopee et son copilote Sayyad Boodhun alors qu’ils préparaient leur voiture pour les prochaines courses.

Reaz Gopee, directeur d’une société de transport, et Sayyad Boodhun, avocat, nous donnent rendez-vous à Trianon pour un avant-goût de leur voiture. Un véhicule spécialement conçu pour les courses de rallye et qui a été modifié au fur et à mesure. À quelques centaines de mètres du lieu de rendez-vous, le vrombissement du moteur est déjà perceptible alors que la voiture n’est pas encore poussée à fond. Un bruit sourd qui excite la curiosité des passants, des marcheurs et même des voitures, qui s’arrêtent pour voir le spectacle.

Le pilote doit avoir une confiance aveugle en son copilote, ui lui donne des informations essentielles pendant toute la course

Avant-goût de la puissance.

La voiture est une beauté, conçue spécialement pour les rallyes. Tout y est : rampe sur le capot de devant pour un meilleur éclairage lors des rallyes nocturnes, nid d’abeille (sorte de structure en métal obligatoire qui permet aux occupants de ne pas se blesser grièvement même en cas de tonneaux), gros tuyau d’échappement, turbo, bucket seat pour conserver les casques et spoiler (structure sur le capot arrière qui donne à la voiture plus de stabilité).

Installés à l’intérieur du bolide, les deux partenaires, qui ont déjà participé à des rallyes à l’étranger, sont habillés comme pour un jour de course : combinaison ininflammable, chaussures spéciales antidérapantes, gants, casque intégral muni d’intercom et balaclava (sorte de cagoule portée sous le casque) sont portés élégamment. “Ces équipements sont essentiels pour notre sécurité. Ils sont obligatoires selon les règles de la fédération internationale de l’automobile”, souligne Reaz Gopee, le pilote.

Un petit tour dans les environs nous permet d’avoir un avant-goût de la puissance de la voiture. Celle-ci semble en garder sous le capot alors qu’elle effleure, sans la dépasser, la limitation de vitesse. Une petite séance de photos et nous voilà partis pour un petit tour dans un garage où la voiture bénéficiera de quelques retouches avant la course. “Le rallye est quelque chose qui nous passionne. Participer à des rallyes, c’est comme un rêve d’enfant qui se réalise pour nous. Côtoyer de grands champions qui nous ont donné envie de pratiquer ce sport n’a pas de prix”, confient Reaz et Sayyad.

Le pilote et le copilote se concertent sur la manière d’améliorer le rendement de la voiture

Gagner en vitesse et en performance.

À Ollier, Saeed Mohamudhose, ancien pilote de rallye et mécanicien, accueille les deux compères avec le sourire, tout en sachant qu’il aura du pain sur la planche les prochains jours. “Le plus important est la sécurité du pilote et du copilote. Nous allons resserrer tous les boulons, qui ne sont pas moins d’une centaine. Il faut savoir qu’ils se relâchent assez souvent. On jettera un œil sur toute la voiture, les nombreuses ceintures de sécurité, les câbles de freinage, du radiateur ou du power steering. Nous devons également nous assurer qu’il n’y a pas de perdition d’huile.” Son équipe sera sur place pendant le rallye pour gérer les éventuels pépins mécaniques de cinq voitures, dont celle du tandem Reaz Gopee et Sayyad Boodhun.

Comme avant chaque rallye, l’équipe essaye de gagner en vitesse et en performance. Les problèmes survenus lors du précédent rallye sont réglés et des améliorations apportées. “Lors de la première manche, nous avons remarqué que les freins de derrière s’appliquaient davantage que ceux de devant. Quand nous abordions les virages et que le pilote freinait, on avait l’impression que nous appliquions le frein à bras; la voiture avait tendance à tourner. Nous allons y remédier”, confie le copilote. “Nous allons ajouter un stand alone brake, qui est plus facile à manier. Nous sommes toujours en train d’upgrade la voiture pour améliorer nos performances. Par exemple, nous avons changé nos freins pour placer des freins hydrauliques”, précise le pilote.

Un budget conséquent.

À une semaine de la course, les équipes découvriront le tracé. Ils n’auront droit qu’à une journée d’essai. “C’est là où le travail d’équipe entre en jeu. Nous faisons le tracé ensemble et nous établissons nos repères, que nous mettons sur papier. Nous notons où sont les virages, nous décidons à quelle vitesse on peut faire celui-ci ou celui-là. C’est une préparation très importante car, le jour de la course, je dois donner tous ces éléments compréhensiblement au pilote alors qu’on sera en train de rouler à pleine vitesse. La moindre erreur peut nous coûter la course et même provoquer un accident. Il faut que le pilote ait entière confiance en son copilote et vice-versa”, confie Sayyad Boodhun.
Le jour du rallye, d’autres décisions devront être prises, dépendant du climat. “Nous pouvons utiliser trois types de pneus : les slick, qu’on met en temps sec, les intermédiaires et pneus pluie, qu’on met par temps maussade. C’est le genre de choses qui ne peuvent pas se calculer à l’avance. Ce sont des décisions qui doivent êtres prises très vite avant les courses et qui peuvent avoir des répercussions sur la performance de la voiture”, explique Reaz Gopee.

“Si on devait nous attarder sur les dépenses, nous ne participerions pas à des rallyes”, confie Reaz Gopee. Selon eux, il faut compter un budget de Rs 150,000 au minimum pour l’année. “Pour chaque manche, qui dure deux ou trois jours, il nous faut environ Rs 10,000 pour acheter de l’essence et un additif. Il faut également payer une assurance spéciale, qui est de Rs 1,500 environ pour chaque jour de course, sans compter les Rs 25,000 que l’on débourse pour participer aux manches”, confie Sayyad Boodhun. Il faut ajouter le prix des combinaisons de sécurité : Rs 18,000 pour la combinaison, Rs 7,000 pour les chaussures, Rs 3,000 pour le balaclava, et Rs 5,500 pour les gants. “Rien que pour les combinaisons, il faut compter environ Rs 80,000 pour le pilote et le copilote.”