« Le défi des acteurs engagés dans le débats sur la réforme électorale consiste à trouver un équilibre entre la stabilité et l’équité. Certains pays comme Maurice ont choisi la stabilité et d’autres ont opté pour l’équité », souligne Rama Sithanen, l’ancien Grand argentier présenté comme facilitateur entre les différents partis politiques en vue d’une réforme électorale. Et d’annoncer qu’il termine ce week-end ses consultations avant de compléter son rapport, qui devrait être prêt à la fin du mois.
Où en sont vos démarches en vue d’un rapport sur la réforme électorale ?
Je continue mes consultations avec les stakeholders. J’ai consulté beaucoup de femmes et, durant le week-end, j’animerai une session de travail avec l’aile féminine des partis politiques. Je l’ai proposé à tous les partis. Je prévois également une rencontre avec Women in Networking et Women in politics. J’ai eu aussi une longue conversation téléphonique avec Serge Clair et Nicolas Von Mally. Je leur ai dit que je suis contre les propositions de Carcassonne qui, pour Rodrigues, sont ridicules. On ne peut avoir de proportionnelles pour deux députés. J’ai rencontré des membres du secteur constitutionnel. Je suis également en contact avec des personnes à l’étranger sur la « best international practice ». Je continue de relire l’histoire. Je revois Banwell et De Smith, Trustam / Eve. Je regarde ce que faisaient à l’époque les acteurs politiques. Certaines déclarations ne sont pas différentes de ce qu’on entend aujourd’hui.
Cinquante ans après, une partie du débat est resté inchangé. Je revois Sachs et Carcassonne, et ce qu’il a derrière nous. J’ai un petit focus group avec lequel je vérifie mes analyses. Je pense que d’ici fin janvier ou début février, le rapport sera prêt.
En même temps, j’essaie de voir comment proposer des pistes de réflexions au Premier ministre et au leader de l’opposition sur deux ou trois points de divergences. Je comprends la position des deux interlocuteurs. Je ne suis pas étonné, dans la mesure où cela s’est passé de la même façon ailleurs. Lorsque la Hongrie a fait une réforme électorale, les discussions étaient très difficiles au début. Une solution a été trouvée par la suite. Lorsque l’Afrique du Sud est sortie de la politique de l’apartheid, les négociations ont été extrêmement difficiles. Plus ils prennent des positions tranchées, plus les solutions seront difficiles. Cela crée des problèmes d’ego, etc. Il y a une tentative de filtrer certaines informations dans la presse. Quant à moi, je reste indépendant. Je le serai jusqu’à la publication de mon rapport.
Quand comptez-vous compléter vos consultations ?
Durant le week-end. Je me donne deux semaines pour terminer le rapport.
Le concept de “wasted vote” semble compliqué. Pourquoi ne pas avoir choisi une méthode plus simple ?
Il ne faut pas l’appeler wasted vote. Ce sont les votes de ceux ayant obtenu un pourcentage important au niveau des suffrages et qui n’ont pas été élus. S’il y a une grande disparité entre le nombre de sièges et le nombre de voix, c’est parce que les voix obtenues par ceux et celles qui obtiennent 48 % des suffrages dans leur circonscription ne comptent pas. Ceux qui obtiennent 50 % prennent tous les sièges.
Faudra-t-il compter les voix de tous les perdants ?
Non. Il faudra fixer un seuil afin d’éviter une « atomisation » des partis. Des partis sectaires risqueraient de porter atteinte à l’unité du pays.
Sur quoi portent les différends ?
Il y a d’abord la représentation des femmes. L’on note aussi la question d’inclusion pour laquelle il y a deux écoles de pensée. Tous ceux que j’ai rencontrés sont d’accord sur la nécessité qu’il y ait une représentation adéquate de toutes les composantes de la population. Et puis il s’agit de trouver un équilibre entre stabilité et équité.