L’épreuve de force engagée entre Me Rama Valayden et le Central CID au sujet du paiement des honoraires d’avocats de Rs 1,9 million devait être portée ce matin en Cour suprême. L’objectif du camp de l’ancien Attorney General est de faire remplacer l’escouade de limiers du CCID par une autre équipe d’enquêteurs tout en obtenant un sursis pour l’inculpation provisoire précédemment annoncée pour aujourd’hui  de Me Rouben Mooroongapillay. Ce dernier, qui s’est fait admettre en clinique depuis vendredi, a été informé officiellement par la police qu’il est en état d’arrestation dans cette même affaire.
La démarche envisagée depuis ce matin est de demander à la Cour suprême d’ordonner au commissaire de police, Dhun Iswar Rampersad, de retirer ce dossier des mains du tandem Vuddamalay/Jangi à la tête du Central CID et de nommer une autre escouade d’enquêteurs de la police pour recommencer cette enquête. En parallèle, l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) pourrait se mêler de la partie avec un carton rouge à Valayden et Mooroongapillay pour non-respect de la clause 5 de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act (FIAMLA).
Dès samedi, Rama Valayden, accompagné des membres de sa Legal Team, a entamé une première étape de ces procédures en vue de destituer le Central CID de cette enquête sur le paiement de Rs 1,9 million en plusieurs tranches pour des honoraires en vue d’assurer la défense de Younousse Katoaroo, ancien banquier de la Bramer Bank, cerveau du détournement de Rs 80 millions. Une déposition a été consignée au poste de police de Pope Hennessy pour dénoncer 15 officiers du Central CID s’occupant de cette enquête, les accusant d’exercer des pressions sur des témoins et autres suspects en vue de « frame Rama Valayden ».
À cette même occasion, Rama Valayden a annoncé qu’il compte instruire des procès de réclamations au Civil contre ces mêmes enquêteurs de la police pour le délit de « torture morale » aux termes de l’Article 78 (Torture by public official) du Code Pénal. Devant l’absence de toute décision de la police suivant cette demande, depuis ce matin, les légistes entourant Rama Valayden prévoyaient de réclamer une injonction contre la poursuite de l’exercice avec la même équipe d’enquêteurs.
L’urgence de cette éventuelle destitution se fait encore sentir avec la menace d’inculpation provisoire pesant sur Me Moorongapillay suite à la conclusion de son interrogatoire, jeudi dernier. Avec la convocation dans les jours à venir de Rama Valayden pour la reprise de son interrogatoire, le Central CID peut emboîter le pas en faisant comparaître le premier nommé sous le même délit de Money Laundering.