Le mois sacré du Ramadan « ne doit pas se limiter à être simplement une trentaine de jours que l’on passe sans manger », souligne d’entrée de jeu le président de la Jummah Masjid, Nissar Ramtoola. « C’est surtout le moment propice de se remettre en question, identifier nos failles et faiblesses et, à partir de là, nous aligner sur les directives contenues dans le Coran sacré afin de nous améliorer. » Cette année, dans le cadre des différentes causeries et sessions qui auront lieu dans les mosquées de l’île pour ponctuer ce mois de carême, « mon message à tout un chacun, et cela s’adresse aussi à tous mes frères et collègues de toutes les religions confondues : face aux nombreux fléaux sociaux, agressions dans les collèges, violences diverses, divorces et autres dérapages, revenons vers la spiritualité qui nous guide vers l’essentiel et donc, à devenir des meilleurs humains. On parle de « Smart Mauritius », mais nous-mêmes, humains, sommes-nous suffisamment « smart » ? Ou n’est-ce pas le moment de le devenir ? »
« Extrême pauvreté, sida, drogue, alcool, jeux de hasard, adolescents violents au collège, violences dans les maisons, agressions diverses et dérapages verbaux en public… Tous ces maux prennent de plus en plus d’ampleur dans notre société », déplore le président de la Jummah Masjid. À la veille du mois sacré du Ramadan, qui démarre soit demain si la lune est visible ce soir, soit vendredi 19, Nissar Ramtoola explique que « nous sommes face à des défis importants : tout autour de nous, on parle de « smart » : téléphone, télé, ville… Tout y passe. Or, ce que je me demande, humblement : sommes-nous, humains, nous-mêmes « smart », selon la définition qu’il faut, c’est-à-dire, intelligent, respectueux et respectables, ayant du savoir-vivre et sachant être de bonnes personnes tant pour nos familles, notre société et notre pays ? » Il demande « à chaque musulman, en cette veille de Ramadan, de s’attarder sur cette question. Remettons-nous en question, chacun d’entre nous, et faisons notre propre évaluation personnelle. Mieux encore, faisons chacun notre propre « procès », c’est-à-dire identifier là où nous avons failli, repentissons-nous, et optons pour un changement qui nous rendra meilleur. Cela, avant que ce soit le Créateur, Allah (WSWT) qui le fasse, quand viendra le moment du jugement dernier. »
Notre interlocuteur lance un appel « à tous les religieux de l’île Maurice, et pas uniquement aux prêtres musulmans. Face à cette montée de violences diverses, à l’immoralité et la décadence humaine que nous voyons autour de nous chaque jour, ainsi que des comportements qui vont à l’encontre de ce que nos livres sacrés dans toutes les religions prêchent, ramenons chaque Mauricien vers la spiritualité. Car c’est là que réside l’essentiel, la quintessence de nos vies, tels que nos livres sacrés nous les inculquent. »
Nissar Ramtoola est d’avis que « le mois sacré du Ramadan ne se limite pas uniquement à rester l’estomac vide une journée ! Il n’y a pas que l’élément de nourriture qui doit être pris en compte. Chaque humain a une responsabilité envers lui-même autant qu’envers autrui ». Il cite comme exemple : « Si la personne vient à la mosquée, ou à l’église ou au temple, et gare sa voiture n’importe comment, incommodant son prochain, est-ce bien ? Ne doit-elle pas penser aussi à l’autre dans chaque geste qu’il fait ? » C’est dans ce sens que Nissar Ramtoola souhaite orienter ce mois de Ramadan. « Chaque musulman qui aspire à être meilleur veut, et doit, le faire pour l’unique plaisir de son Créateur. Et devenir meilleur, cela implique d’obéir aux « guidelines » qui nous ont été transmises via le saint Coran ! » Il ajoute : « Allah (WSWT) ayant créé les humains, qui ne sont pas parfaits, et sachant qu’ils aiment imiter, copier, Il nous a aussi envoyé le modèle parfait, le Prophète Muhammad (PSSL). À nous de nous inspirer de ce modèle pour devenir meilleurs ! »
Comme à l’accoutumée, ce mois de Ramadan sera aussi ponctué de causeries et sessions de prières dans les différentes mosquées de l’île, notamment par des religieux venus du Pakistan, de l’Inde de l’Afrique du sud ainsi que de l’Égypte. Ce mois sera aussi celui où l’on fera preuve de générosité et de charité. À cet effet, conclut Nissar Ramtoola, « nous devons surtout nous rappeler que toutes les bonnes pratiques que nous aurons adoptées durant le Ramadan doivent continuer à nous servir durant le reste de l’année. Ce n’est que de cette manière que nous pourrons aspirer à devenir de « smarter humans » ! »