La 27e nuit du Ramadan, durant laquelle est observée la Lailat-Ul-Qadr, a été commémorée ce jeudi 24 dans toutes les mosquées de l’île. Cette nuit intense de prières marque, en ce mois du Ramadan, le moment où le Créateur a commencé à révéler le Coran au prophète Muhammad (PSSL) par l’intermédiaire de Ruh-Al Qudus, Jibraeel (l’ange Gabriel). « C’est la nuit la plus riche en prières de ce mois pieux », souligne le président de la Jummah Masjid, Nissar Ramtoolah. « Durant cette nuit, nous devons tous redoubler d’efforts pour être plus proche du Créateur, car nous avons le devoir, chacun, de nous remettre en question, et de puiser dans nos prières afin de trouver les réponses qui nous aideront à devenir des êtres meilleurs. »
Chaque mois de Ramadan arrive à son point culminant avec les 10 derniers jours durant lesquels est observée l’Itikaaf, période de retraite volontaire des musulmans, consacrée aux prières. « C’est dans les nuits impaires, soit la 21e, 23e, 25e ou 27e nuit, qu’il est conseillé d’observer le Lailat-Ul-Qadr, connue comme la Nuit de la Puissance ou la Nuit de la Détermination », explique Nissar Ramtoolah. La Lailat-Ul-Qadr est un moment « de bénédictions privilégiées, d’intense spiritualité et de concentration durant laquelle nous démontrons chacun tout notre amour à notre Créateur en faisant des prières, méditations, invocations en vue d’implorer le pardon divin.»
À la Jummah Masjid hier soir, tout comme dans les 235 autres mosquées de Maurice, responsables, religieux et bénévoles ont mis les petits plats dans les grands pour accueillir cette nuit sacrée comme il se doit. Causeries et conseils par des imams, récitations de versets du Coran, prières spéciales… tout a été mis en oeuvre pour que cette nuit intense « se déroule dans les meilleures conditions pour chaque croyant ».
La philosophie derrière cette observation, « c’est, en marge du principe du mois de Ramadan, se remettre en question. Analyser ses faiblesses et limites, accepter ce que l’on a commis comme offense ou péché, et invoquer le pardon du Créateur », ajoute notre interlocuteur. Pour y parvenir, des lectures des versets coraniques, « des récitations de certains versets spécifiques, de prières spéciales, afin de se mettre dans une condition spirituelle voulue et propice ». L’épanouissement et l’enrichissement spirituel, poursuit notre interlocuteur, « n’est pas incompatible avec notre progrès professionnel et/ou académique. C’est dans cette optique que nous multiplions nos efforts, durant le mois du Ramadan, par le biais de moments comme la Lailat-Ul-Qadr, l’Itikaaf, entre autres, pour encourager les fidèles à se rapprocher de leur Créateur. Quand on bénéficie d’une bonne orientation, on ne se laissera pas tenter par les mauvaises idées… » Le président de la Jummah Masjid souligne que « le mois du Ramadan nous permet de nous rapprocher de l’essentiel de la vie, par le biais de la religion. Nous sommes encouragés à faire de notre mieux et donner le meilleur de nous-mêmes. Cela, par amour pour notre Créateur et parce que notre motivation principale, pour ne pas dire unique, doit être notre aspiration à devenir meilleur. Etre de meilleurs humains pour notre Créateur, pour nos parents, nos familles, nos voisins, nos collègues, nos amis, et ainsi de suite. Et pour y parvenir, il n’y a rien de mieux que la sincérité de nos prières individuelles. C’est un des points forts de cette nuit spéciale que nous devons d’ailleurs conserver comme leitmotiv, pourquoi pas, tout au long de l’année… »
Nissar Ramtoolah rapelle que « l’un des principaux bienfaits de la nuit du Lailat-Ul-Qadr, quand celle-ci est bien observée, c’est-à-dire en faisant convenablement ses prières et lisant les versets coraniques recommandés, avec une intention sincère et pure envers le Créateur, c’est qu’on reçoit énormément de bénédictions. Plus de 1 000 mois de bénédictions, ce qui équivaut à 83 ans et 4 mois de prières. » Bien sûr, poursuit le président de la Jummah Masjid, « ce n’est pas pour autant que l’on doive par la suite négliger ses prières et arrêter de lire le Coran ! »
Dans cet ordre d’idées, l’un des points forts du calendrier d’activités de la Jummah Masjid chaque année est la distinction de ses jeunes adhérents qui auront mémorisé par coeur les 30 chapitres du Coran. Cette année, ce sont Muhammad Talha, élève au collège Royal de Curepipe, et Muhammad Muhsin, étudiant de l’université de Maurice (UoM), consacrés « Hafiz » qui se sont distingués. Ces deux jeunes « ont suivi une formation très pointue à cet effet, et peuvent désormais réciter avec les prononciations et les accents phonétiques nécessaires les versets sacrés du Coran. Réaliser cela est un grand honneur pour les musulmans. »
Ces deux jeunes ont vu leurs efforts individuels couronnés avec l’attribution de certificats. « Mais ce n’est pas tout, souligne le président de la Jummah Masjid, car ils peuvent désormais animer les sessions de prière dans les mosquées des régions où ils vivent, par exemple. On peut faire appel à eux pour des éclairages sur des questions spirituelles… Tout comme la communauté peut faire appel à eux pour leur talent de récitants du Coran. C’est un atout qui n’est pas donné à tout le monde, mais pour lequel nous encourageons tout un chacun à s’y essayer. »