Ramapatee Gujadhur vire nettement en tête au classement des entraîneurs. La moisson a été bonne, très bonne même. Sur 119 entrées, il a ramené 23 gagnants et Rs 6 818 500 en termes de prix.  Même si on n’est pas arrivé à la moitié du chemin, on peut d’ores et déjà avancer que tout a été mis en oeuvre pour que la récolte soit fructueuse en 2015.
Quand l’entraîneur avait annoncé qu’il avait revu ses ambitions à la baisse pour la présente saison, on ne l’avait pas cru car c’est dans ses habitudes d’essayer de ne pas se mettre la pression.
Mais tout avait été bien orchestré autour d’une équipe homogène et soudée comprenant les fistons Gopal et Mukund, sans oublier les Soobash, Praveen, Udhay et autre Alexander qui sont les maillons incontournables de la chaîne.
En regardant de près l’effectif de l’établissement qui avait tourné au petit canter lors des deux premières journées, surtout en raison de l’absence de Jeanot Bardottier qui avait deux semaines de suspension à purger, la machine fut bien huilée dès la quatrième journée qui se solda par  un triplé dont l’épreuve principale avec Bulsara.
Si on regarde les premières dix-huit journées, on trouve que la casaque bleu électrique s’est illustrée en sept occasions dans les épreuves principales qui avaient une dotation de course de Groupe.
Après Bulsara (4e journée,) on eut droit à la première de Kremlin Captain dans la première manche du championnat des -4 ans. Ce dernier devait même doubler la mise quelques semaines plus tard pour s’octroyer le titre alors qu’il restait encore une manche à courir.
Une semaine plus tôt, on avait eu droit à la victoire de Silver Bluff dans la première classique, la Duchesse. Bulsara devait remettre ça lors de la 13e journée avant que Roman Manner ne se mit de la partie dans The Mauritius Derby Cup et voilà que Tandragee vient asseoir un peu plus la domination de Ramapatee Gujadhur.
Dans la domination de Ramapatee Gujadhur dans les épreuves les plus richement dotées, il faudrait aussi souligner qu’en certaines occasions, il s’est aussi permis d’accrocher une place d’honneur.
Il est vrai que l’effectif n’était pas considéré comme étant de très grande qualité au début de la saison car on y retrouvait certains de ceux qui avaient été mis sur la touche pendant un moment ou encore d’autres qui avaient déjà connu une carrière bien remplie au Champ de Mars. D’un autre côté, il n’est pas faux de dire qu’on s’attendait à une éclosion de la part de Kremlin Captain et que les nouveaux Reim et Silver Bluff en particulier allaient se faire remarquer.
Si ce dernier a quelque part tiré son épingle du jeu avec son succès dans la Duchesse, l’autre est resté à l’état de promesses. En revanche, les «vieux» Bulsara et Tandragee ont su, grâce à une bonne technique d’entraînement et aux bons soins reçus, être au diapason pour faire partie des meilleurs de l’île.
On retiendra aussi que pour être couronné à la fin d’une saison, les victoires classiques et dans les épreuves les plus richement dotées sont un must. Et là, il faudrait souligner que Ramapatee Gujadhur a enlevé 7 des dix épreuves de Groupe qui étaient au programme en ce début de saison. 7 sur 10, cela a été une nette domination et il devrait y en avoir d’autres en cours de route.
Du côté des nouvelles unités, si Reim n’a pas été exact au rendez-vous, les autres se sont fait remarquer, à l’image de O’Chee Pan qui avait remporté ses trois premières courses avant de concéder sa première défaite samedi dernier. Le gris Headstrong Harry doit aussi être comptabilisé comme étant une bonne acquisition.
Avec le retrait partiel de Paul Foo Kune et la décision de ce dernier de se séparer de certains de ses chevaux, Ramapatee Gujadhur et ses fils en ont profité pour renforcer leur effectif avec les venues de Dustan, Ryder Cup, Roman Manner, Mount Hillaby, Valere et de Ek Tha Tiger. De quoi pour bien se situer et conforter davantage sa position dans des fourchettes de valeur bien spécifique.
Dans tout cela, il y eut aussi l’apport de Jeanot Bardottier. Ce Mauricien de talent est malheureusement parfois animée par une volonté de vaincre à tout prix. Une soif de victoires qui est souvent au détriment de la prudence et qui frise parfois le je-m’en-foutisme. Souvent sermonné par les Racing Stewards, il semble ne pas avoir encore appris de ses erreurs et le Stipe Alain Rousset a eu raison de lui dire qu’une accumulation de fautes pourrait le priver de suivre les traces de ses pairs Karis Teetan et Nooresh Juglall qui ont eu l’occasion d’exercer leur talent à Hong-Kong et à Singapoure respectivement.
Jeanot Bardottier, c’est une force de la nature et qui n’a rien à envier aux jockey étrangers quand il s’agit de batailler dans la ligne droite finale. Il devra cependant se montrer plus prudent à l’avenir et s’il réussit, il sera alors considéré comme une cravache accomplie.
Derrière Ramapatee Gujadhur, la chasse est menée par l’incontournable Gilbert Rousset qui a toujours terminé parmi les trois premiers ces dernières saisons. Mais le retard peut être considéré comme conséquent car il se chiffre à un peu moins de Rs 1.3M. Le Maiden ou la Coupe d’or pourrait tout changer, mais ces deux classiques pourraient aussi permettre à Ramapatee Gujadhur d’accroître son avance.