À quelques heures de la présentation du budget par le ministre des Finances Xavier-Luc Duval, le Premier ministre Navin Ramgoolam a déclaré au Mauricien que « ce sera un budget responsable avec une vision à long terme ». Le PM et le ministre des Finances ont été en contact régulier durant ces derniers jours et se sont rencontrés ce matin encore, avant la présentation du budget au conseil des ministres en début d’après-midi.
La stratégie budgétaire tiendra compte de la situation économique dans le monde, en particulier dans les principaux marchés d’exportation, et des derniers développements concernant la crise qui secoue les pays de la zone euro, a précisé le Premier ministre.
Les techniciens du ministère des Finances mettaient la dernière main au discours du budget à la mi-journée. Il s’agissait d’envoyer un signal fort afin de relancer la croissance qui passe par l’investissement, l’efficience économique et la productivité à tous les niveaux. Ce sont surtout les mesures fiscales qui seront annoncées par le ministre des Finances qui retiennent le plus l’attention. Le ministre avait, en début de semaine, affirmé qu’une augmentation des taxes est inévitable. Cependant, tout laisse croire que les mesures fiscales pourront être moins sévères que ce qu’il laisse entendre. Une attention spéciale sera accordée aux salariés se trouvant au bas de l’échelle, aux bénéficiaires d’allocation sociale et aux plus démunis. Des mesures sont prévues en faveur des PME et pour relancer l’investissement.
Le porte-parole parlementaire du MMM pour les questions économiques, Kee Cheong Li Kwong Wing, estime qu’il est entendu que l’année prochaine sera plus difficile en raison de l’incertitude qui prévaut sur les principaux marchés d’exportation, avec la crise qui ébranle les pays de la zone euro.
Cependant, estime-t-il, cette situation difficile constitue une opportunité pour revoir les stratégies économiques. « Voilà six ans que le gouvernement actuel est au pouvoir, il n’a jamais réussi à avoir un taux de croissance au-dessus du taux moyen de 5,5 % qui a caractérisé l’économie mauricienne durant les décennies précédentes. The economy has not even realised its usual achievements », estime-t-il.
Cela veut dire qu’il y a du pain sur la planche pour le “nouveau”, affirme Kee Cheong Li Kwong Wing. « J’espère qu’il pourra surmonter la chronic satisfactory underperformance dont parlait cette année le Premier ministre. Il doit pour cela entreprendre une purge drastique et courageuse des inepties et velléités pouvoiristes et noubanistes, et prévoir des mesures pour encourager la compétence et la méritocratie à la tête des institutions du pays. Une restructuration profonde des corps para-étatiques s’avère nécessaire. La relance doit obligatoirement passer par un coup de fouet à l’immobilisme et l’indécision notoire dénoncés par son prédécesseur. »
M. Li Kwong Wing estime que le secteur privé et le peuple mauricien pourront toujours se tirer d’affaire en raison de leur débrouillardise. Il suffirait, selon lui, d’un peu d’imagination pour que le pays retrouve la croissance normale de 5,5 % : « Il ne tient qu’à Xavier-Luc Duval de faire la différence », dit-il.
Dans les milieux du secteur privé, Louis Rivalland, le président du Joint Economic Council (JEC), interrogé à la mi-journée, observe que « vu le contexte économique international difficile dans lequel nous évoluons et l’incertitude planant sur nos marchés d’exportation, il est important d’avoir des mesures pour relancer l’investissement et pour poursuivre les réformes enclenchées ». « Nous nous attendons à ce que le Grand Argentier maintienne un taux de fiscalité cohérent autour de 15 % », soutient-il.
Le JEC se dit en faveur de mesures pour soutenir les Petites et moyennes entreprises (PME), qui sont vulnérables, et pour continuer à améliorer la qualité de nos infrastructures à travers les investissements dans les secteurs routier, de l’énergie, de la connectivité et éducatif. « Nous souhaitons un bon partenariat entre le secteur public, le secteur privé et la société civile pour la protection des plus vulnérables », ajoute Louis Rivalland.