Au vu des développements survenus en fin de semaine, il ne fait aucun doute que l’ancien Premier ministre et leader du Parti travailliste, Navin Ramgoolam, se trouve dans le collimateur du Central CID. Des recoupements d’informations effectués auprès des sources concordantes, en sus de l’enquête pour diffamation criminelle contre le leader du MSM et son épouse, Kobita Jugnauth, la police poursuit des enquêtes dans trois autres cas, dont un remonte à la veille des élections municipales d’octobre 1996 où trois agents politiques de la précédente coalition PTr/MMM avaient été tués lors des échanges de coups de feu à la rue Gorah Issac à la Plaine-Verte. Les deux autres dossiers d’enquête sont intimement liés à Navin Ramgoolam, notamment le cambriolage de son bungalow à Roches-Noires aux petites heures du matin du 3 juillet 2011 et ses déclarations contre l’actuel Premier ministre et leader de l’Alliance Lepep faites lors d’une intervention à la Doha Academy au tout début de la récente campagne électorale.
Même si la convocation formelle de Navin Ramgoolam pour des besoins d’interrogatoire Under Warning est donnée comme une certitude en cette fin d’année, aucune indication quant au Timing de ces rendez-vous n’était disponible. Difficile à dire lequel de ces quatre dossiers aura préséance sur les autres même si pour l’instant, c’est l’enquête sur le délit de diffamation criminelle contre des membres de la famille Jugnauth, qui a atteint la vitesse de croisière. Trois arrestations avec autant d’inculpations provisoires ont été enregistrées à ce jour avec l’ancien ministre et le récent Campaign Manager de l’Alliance PTr/MM à Piton/Quartier-Militaire (No 7) échappant in extremis à une nouvelle nuit de détention en cellule policière (voir détails plus loin).
Toutefois, le dossier, qui pourrait hanter les nuits des protagonistes, engagés dans cette affaire, n’est autre que le cambriolage commis au bungalow d’une valeur de Rs 45 millions et appartenant à Navin Ramgoolam vers 1 h 20, le 3 juillet 2011. Officiellement, le suspect, qui avait pénétré à l’intérieur du bungalow, aurait fait main basse sur des articles d’une valeur de Rs 20 000. A un certain moment, il était question du vol d’une montre Rolex de grande valeur. Jusqu’ici, cet aspect a été démenti.
A ce stade de l’enquête, les enquêteurs soupçonnent que le principal acteur, Rakesh Gooljaury, n’aurait pas dit la vérité dans sa déposition à la police consignée vers les 9h ce même 3 juillet 2011. Il avait affirmé qu’il dormait dans le bungalow quand le cambriolage avait été commis. Et si cette version des faits était démantelée, celui qui aurait fait un appel téléphonique à Rakesh Gooljaury pour lui demander de rappliquer au bungalow pour prendre charge des incidents, devrait se retrouver en mauvaise posture.
Les autorités soutiennent que le dénommé Gooljaury détient la clé du mystère de ce qui s’est passé au bungalow de Navin Ramgoolam ce 3 juillet 2011 de même que l’identité de tous ceux présents au moment des faits. L’homme derrière la SICOM Tower à Ebène au coût de Rs 500 millions, est-il intéressé à collaborer avec la police en confirmant les soupçons au risque de se voir inculper provisoirement pour le délit de Conspiracy to do a wrongful act ? Difficile à dire.
De son coté, que ce soit à l’Assemblée nationale ou dans ses déclarations publiques, Navin Ramgoolam a soutenu qu’il n’était pas présent au bungalow « at the material time », mais qu’il avait fait le déplacement à Roches-Noires dans la nuit après avoir été informé de qui s’était passé. Avec les nouveaux éléments versés dans le dossier à charge, l’ancien Premier ministre pourrait être amené à donner des précisions et à apporter des compléments d’information mettant en difficultés de hauts gradés, qui s’étaient vu confier la responsabilité de cette enquête délicate avec une menace de complot pesant sur leurs têtes.
Dépendant des éléments de ce volet d’enquête, l’intérêt autour du décès d’Anand Kumar Ramdany en cellule au poste de police de Rivière-du-Rempart le 30 juillet 2011 pourrait être relancé.