Pour le leader du Parti travailliste, Navin Ramgoolam, la décision de mettre la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, sous administration est une décision politique.
« Le plan est de vendre Air Mauritius. Nous ne le constatons qu’aujourd’hui, mais ils veulent tout mettre sur le dos du coronavirus. C’est une fausseté. Nous savons tous que les compagnies d’aviation partout dans le monde passent par des moments difficiles. Nous savons que depuis quatre ou cinq ans – et nous l’avons dénoncé — qu’Air Mauritius pe al crash en raison de la mauvaise administration par une équipe de Lakwizinn. Il y avait des ingérences politiques par des personnes qui ne comprennent rien dans le business de l’aviation. Il y a eu beaucoup de gaspillages. Par exemple, le corridor Asie-Afrique annoncé avec fracas a été une catastrophe. Nous l’avons toujours dit. On a perdu de l’argent. Des fois, il y avait une seule personne dans l’avion. Jamais il n’a marché. Ils ont acheté deux avions Neo 330, pour des raisons inconnues, alors que cela n’était pas nécessaire. Ils ont loué ces deux avions à la South African Airways qui était, elle-même, confrontée à des difficultés financières. Actuellement, la SAA n’est pas en mesure de payer le lease. Il fallait payer l’achat de ces avions en février. Ils n’ont pas d’argent pour le faire. Ils ont perdu plus de Rs 2 milliards et l’ont caché. Ils ont vendu un hôtel à Rodrigues », dit-il.

Poursuivant ses commentaires, il s’est demandé : « est-ce qu’une compagnie comme Air Mauritius ne dispose pas d’un mois ou deux de réserves financières ?  Quand Megh Pillay a été forcé de partir, il y avait 82 millions d’euros de réserve. On a rappelé Mike Seetaramadoo et Sherry Singh. Ala seki banne gran kaser pake inn fer ».

« La mise d’Air Mauritius en redressement judiciaire est une décision politique avec le coronavirus comme excuse. En vérité, c’est le résultat de la gestion catastrophique de la compagnie », ajoute-t-il.

Pour Navin Ramgoolam, un gouvernement responsable aurait agi différemment. « Pour commencer, si c’était un gouvernement responsable,  il n’aurait pas pris les Rs 18 milliards des réserves de la Banque de Maurice pour payer les pensions et autres projets pharaoniques comme le stade de Côte d’Or. On en fait les frais aujourd’hui. Le gouvernement aurait dû investir dans le capital d’Air Mauritius. Je suppose qu’ils n’ont pas d’argent pour le faire. Je suppose qu’Air Mauritius avait demandé de l’argent du gouvernement qui ne dispose pas des fonds nécessaires pour le faire.  Il faut maintenant utiliser l’imagination. Il y a une forte demande pour le transport de cargo. Il aurait fallu transformer plusieurs avions en avion-cargo. Or ce n’est pas cela qu’ils font. »

« Tout compte fait, le plan est de vendre Air Mauritius. Avant l’épidémie de coronavirus ce projet était en gestation.  Il y a des prédateurs dans les parages. Voilà où ce gouvernement nous a menés avec son incompétence. Il ne faut pas oublier qu’Air Mauritius est essentielle pour notre économie », s’est appesanti Navin Ramgoolam.