Le Diabetes Parent Support Group organise du 15 au 17 juin un Flag Day. L’occasion pour la présidente de cette organisation non gouvernementale de revenir sur le travail abattu jusqu’ici pour lutter contre le diabète à Maurice. Rani Balloo note aussi une certaine « réticence » de l’État concernant les initiatives de plusieurs associations. « Le combat contre cette maladie doit se faire conjointement avec les ONG et les autorités compétentes », déclare-t-elle.
Comment a évolué le Diabetes Parent Support Group (DPSG) depuis sa création ?
Notre ONG existe depuis 2006. Il regroupe des parents et volontaires, dont des professionnels de santé, qui travaillent de concert pour lutter contre le diabète. À ses débuts, le DPSG proposait gratuitement ses services uniquement aux enfants souffrant de diabète de type 1. Par la suite, il a étendu ses activités à ceux souffrant du diabète de type 2 et aux parents.
Quel est votre constat de la situation du diabète à Maurice ?
La situation est alarmante ! De nombreux Mauriciens ne sont pas au courant qu’ils sont prédiabétiques. C’est-à-dire qu’ils possèdent un taux de glycémie entre 5,9 et 6,4 %.
Le DPSG a sillonné le pays de novembre 2011 à mai 2012. Des enfants ont été examinés grâce à notre clinique mobile. Nous avons ainsi observé que 20 % d’entre eux présentent des risques de développer un diabète de Type 2 et 12 % sont prédiabétiques. Du côté des adultes, un quart de ceux examinés sont des potentiels diabétiques.
Il est toutefois rassurant de constater que les enfants atteints de diabète de type 1 sont mieux surveillés que les adultes.
Parlez-nous de la clinique mobile du DPSG…
C’est une caravane que nous avons achetée en novembre 2011 à Rs 5 millions. Pour cette acquisition, nous avons bénéficié d’une aide financière de 90 % de l’Union européenne (UE). Grâce à cette clinique mobile, nous pouvons entreprendre un travail de proximité en vue de lutter contre le diabète. Nous accordons une attention particulière à l’éducation du public. Nous faisons le diagnostic, le dépistage et le suivi de nos patients qui sont principalement des enfants. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous nous rendons chaque semaine dans des écoles.
Quel est votre bilan de la clinique mobile ?
À ce jour, nous avons examiné 6 000 enfants. Nous nous sommes fixé un objectif de 10 000 jeunes avant novembre 2012 ; le DPSG contrôle plus de 250 élèves par semaine.
Quelles sont les difficultés que rencontre le DPSG ?
Le refus de coopération du gouvernement quand nous lui proposons nos services ! Nous constatons surtout cette situation lorsqu’il s’agit de collèges d’État. La raison donnée est le « duplication of service ». Pour nous, c’est du « reinforcement of service ». Les ONG et les autorités compétentes doivent allier leur force pour combattre le diabète. Il est temps que les décideurs politiques changent leur manière de penser et leur attitude envers les ONG. Autrement, ce combat sera un échec total.
Que reprochez-vous à l’État ?
Le manque de communication et l’absence d’éducation dans le secteur de la Santé. Les Mauriciens ne sont pas assez éduqués sur l’hygiène de vie et les bonnes habitudes. Ce qui est une des raisons de la hausse du diabète dans le pays. Le gouvernement doit aussi veiller au respect de l’hygiène alimentaire dans nos établissements scolaires. La vente de boissons gazeuses, par exemple, se poursuit toujours…
Selon vous, quelles sont les initiatives que devrait prendre le gouvernement ?
Il faudrait créer un Point of Care Education dans tous les centres de santé et les hôpitaux et censurer ensuite des publicités sur les « unhealthy foods ». L’éducation et l’information étant des éléments importants dans le combat contre toute forme de maladie, le cours de Healthy Lifestyle devrait être introduit dans les écoles pour aider à sensibiliser les jeunes et par la même réduire le taux de diabète.
Comment sera utilisé l’argent récolté lors du Flag Day du DPSG prévu du 15 au 17 juin?
La somme recueillie est destinée à la clinique mobile et à couvrir les dépenses de l’ONG.