Paul Bérenger, leader du MMM, parle de «complot patronat / ministère du Travail» autour du rapatriement, cette semaine, des ouvriers bangladais qui, soutient-il, ne s’est pas fait sous le Deportation Act. «Sitôt leur contrat de travail résilié par le patronat, le ministère s’est assuré d’annuler leur work permit et de les rapatrier», explique le leader des mauves. Il espère que les étudiants népalais ne connaissent pas le même sort que ces travailleurs bangladais et que le gouvernement leur vienne en aide.
Paul Bérenger juge «terriblement cruelle pour les condamnés et les membres de leur familles» la manière dont toute l’affaire Amicale s’est déroulée. Il lance un appel à tous de «garder espoir» et promet qu’un prochain gouvernement instituera une Criminal Cases Review Commission, «comme il en existe en Grande-Bretagne», en vue de donner la chance à des accusés qui s’estiment injustement condamnés de venir prouver leur innocence.
Alors que, rappelle-t-il, l’actuel gouvernement a refusé l’institution d’une telle commission, le leader des mauves explique que son parti avait proposé qu’une telle instance enquête dans des cas où il existe des «exceptional circumstances». Si, dit-il, comme dans l’affaire Amicale, il n’est pas évident d’obtenir de nouvelles preuves, il existerait, toutefois, selon lui, nombre de preuves qui auraient été mises de côté lors de l’enquête.
Paul Bérenger déclare, par ailleurs, que sir Anerood et lui sont sceptiques quant à l’utilité, maintenant, d’une Commission d’enquête sur toute l’affaire Amicale. Il laisse, néanmoins, entendre que cette question sera considérée plus en profondeur lors de la prochaine réunion des dirigeants du Remake 2000 mercredi prochain.
Pour ce qui concerne la situation en Syrie, le leader du MMM, qui se réfère à la récente déclaration du Premier ministre sur la question, note qu’il y a, au moins, unanimité sur le fait que si le gouvernement syrien est bien derrière le massacre au moyen d’armes chimiques de la population incluant des enfants, il mérite d’être puni. Mais, dit-il, la question qui demeure est celle des preuves.
Paul Bérenger souligne, sous ce rapport, le «terrible précédent irakien» quand, dit-il, le président américain d’alors, George W. Bush, et le Premier ministre britannique de l’époque, Tony Blair, avaient induit le monde en erreur. Ce qui fait que, dit-il, dorénavant, les gens sont sceptiques. Il note, quand même, que la France de François Hollande a fait, indépendamment, son enquête dans le cas syrien et a laissé entendre que le gouvernement syrien a, effectivement, utilisé des armes chimiques.
Le leader du MMM s’aligne, malgré tout, sur la proposition faite par Geoffroy Robertson, «un ami personnel de Navin Ramgoolam connu pour son engagement pour les Droits de l’Homme». Il rappelle que l’avocat britannique a proposé que le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) nomme un panel de juges «indépendants» en vue de déterminer si le gouvernement syrien a bien utilisé des armes chimiques.
Paul Bérenger évoque, parallèlement, l’utilisation «abusive» par la Russie de son droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU. Ce qui, pour lui, est «injuste» et «révoltant». Cette «utilisation abusive» du droit de veto fait que, explique le leader des mauves, certains estiment que, dans ces circonstances, ils ont le droit d’attaquer sans le feu vert du Conseil de sécurité.
Syrie : «Pas d’action militaire pour le moment»
Or, explique Paul Bérenger, comme le prévoit la Charte des Nations unies, il est quand même possible d’aller plus loin dans ces circonstances en appelant l’Assemblée générale à adopter une résolution. «Ce qu’il convient, c’est d’obtenir la majorité requise de pays pour soutenir la résolution» sur la base des conclusions du panel de juges suggéré par Geoffroy Robertson.
Le leader du MMM, qui juge «grave» la présente situation, rappelle que l’utilisation du gaz comme arme de guerre est «un crime contre l’Humanité». Il ne propose, toutefois, pas d’action militaire «pour le moment» contre le gouvernement syrien en attendant les conclusions de l’enquête du panel de juges «indépendants» comme suggéré par Geoffroy Robertson. S’il se confirme que le gouvernement syrien a utilisé du gaz comme arme de guerre, le veto russe pourrait, alors, selon lui, être contourné au moyen d’une résolution votée par l’Assemblée générale de l’ONU.
Parlant, ensuite, du cas des ouvriers bangladais, Paul Bérenger explique qu’après les incidents survenus, les autorités policières avaient arrêté certains des protestataires avec l’intention, selon lui, de retenir contre eux une charge de «damaging property by band». Le leader des mauves explique que ces derniers ne devaient, toutefois, pas être traduits en Cour.
Il explique encore que ces travailleurs bangladais n’ont pas été expulsés du pays sous le Deportation Act qui nécessite, préalablement, un ordre d’un magistrat. Pour lui, leur rapatriement relèverait, en fait, d’un «complot patronat / ministère du Travail». «Sitôt leur contrat de travail résilié par le patronat, le ministère s’est, tout de suite, assuré d’annuler leur work permit et de les rapatrier. Ce qui revient à la déporter», soutient Paul Bérenger. Il trouve, ainsi, que la justice n’a pas été respectée dans le cas de ces travailleurs étrangers et estime que tout cela n’est pas à l’honneur du pays.