Les banques commerciales opérant à Maurice ont enregistré pour l’année financière se terminant au 30 juin 2013 des profits totaux de Rs 13,8 milliards contre Rs 2,6 milliards en 2011/2012 et Rs 11,9 milliards en 2010/2011. C’est ce qu’indique le dernier rapport annuel de la Banque de Maurice rendu public il y a quelques jours. Quand à la BoM, elle a annoncé des profits nets de l’ordre de Rs 71 millions pour 2012/2013 mais elle a dû puiser de ses réserves spéciales (Special Reserve Fund) pour annoncer des bénéfices vu que l’exercice financier s’était soldé, au plan opérationnel, par des pertes de Rs 1,8 milliard.
Selon le rapport de la banque centrale, des 21 banques en opération à fin juin dernier, quatre ont enregistré des pertes pendant l’exercice financier écoulé. Trois de ces quatre banques ont vu leurs bénéfices être effacés par des provisions pour les créances douteuses alors que la quatrième, une nouvelle venue dans le secteur, a continué à faire face à des dépenses opérationnelles élevées dans le sillage de son implantation à Maurice. Les profits avant-impôts de l’ensemble du secteur bancaire ont atteint Rs 15,4 milliards en 2012/2013 contre Rs 14,3 milliards en 2011/2012. Un tableau récapitulatif de la performance des banques commerciales fait voir que celles-ci ont dégagé des revenus totaux de près de Rs 48 milliards en 2012/2013, soit une progression annuelle de 13,8%. Les revenus opérationnels se sont élevés à Rs 30,4 milliards. Cependant, la banque centrale observe que le ratio coûts/revenus des banques a baissé, passant de 40% à 38,5 %.
A fin juin 2013, le secteur bancaire mauricien était composé de 9 banques locales, 8 filiales de banques étrangères et 4 branches de banques internationales. Ces institutions opéraient un total de 223 succursales, 9 comptoirs, un service mobile et 450 guichets automatiques. Elles employaient 7 464 personnes. En sus des facilités bancaires traditionnelles, I4 banques offraient des services de cartes bancaires et d’internet banking alors que deux proposaient des services bancaires par téléphone. « The banking sector grew at a faster pace during 2012-2013 than in the preceding year », relève la BoM. Les dépôts ont crû de 11,3% pendant l’exercice financier passé en revue, grâce en grande partie à une hausse de 16,9% des dépôts au niveau des opérations à l’international.
Se référant aux crédits bancaires, la BoM remarque que la part de l’industrie de la construction dans le montant total des crédits alloués au secteur privé est passé de 25,3% à 23,2% alors que celle du secteur touristique est restée inchangée. Le rapport annuel fait ressortir que les créances douteuses ont grimpé de 16,6% pour atteindre Rs 21,4 milliards à fin juin 2013, poussant le ratio des créances douteuses en pourcentage des crédits totaux de 3,1% à 3,5%. Les banques commerciales ont eu à faire provision d’un montant plus conséquent (Rs 9,1 milliards contre Rs 5,9 milliards pour le précédent exercice) sous forme de « specific provisions for loan losses ».
Passant en revue les transactions avec les cartes bancaires, la BoM note d’abord que le nombre de cartes en circulation (débit, crédit et autres) a augmenté de 60,220 pour dépasser la barre de 1,4 million. Elle indique que la valeur moyenne mensuelle des transactions réalisées avec les cartes bancaires aux guichets automatiques ainsi que chez les maisons de commerce a progressé de 15,6% pour s’élever à Rs 10,5 milliards pour le trimestre se terminant en juin 2013.
Par ailleurs, la BoM a annoncé des profits nets de Rs 71 millions en 2012/2013 contre Rs 395,3 millions pour la précédente année financière. La BoM a eu à procéder à un transfert de Rs 1,9 milliard de son Special Reserve Fund pour pouvoir annoncer ces profits vu que le dernier exercice financier s’est soldé par des pertes de Rs 1,8 milliard alors qu’en 2011-2012 des profits de Rs 3,3 milliards avaient été annoncés.