Maurice se retrouve 55e parmi 144 pays au Networked Readiness Index (NRI) 2013, établi par le Forum Économique Mondial (World Economic Forum) en collaboration avec l’INSEAD. Le classement NRI, qui a été rendu public dans le Global Information Technology Report 2013, donne un aperçu de l’état de situation du secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le monde. Il montre que Maurice, malgré le maintien de son score de 2012 (4,12 points sur une échelle de 1 à 7), a perdu deux places mais il faut noter que le classement 2012 concernait 142 pays.
Maurice est de loin le premier pays de la région Afrique subsaharienne dans le classement 2013, devançant l’Afrique du Sud (70e) alors que les Seychelles pointent au 79e rang. La première place du classement global est occupée par la Finlande avec un score de 5,98 points, Singapour et la Suède étant classés deuxième et troisième respectivement. Précédé tout juste par la Fédération Russe (54e avec 4,13 points), Maurice fait mieux que des économies émergentes comme la Chine (58e), le Brésil (60e) et l’Inde (68e) voire l’Indonésie (76e). Le rapport du WEF indique que, bien que cédant deux places par rapport au classement de l’année dernière, Maurice continue à mener largement le classement régional (Afrique subsaharienne), cela grâce à un cadre régulatoire et opérationnel relativement solide (36e rang) et à la vision du gouvernement (48e place) à faire des TIC l’un des trois secteurs stratégiques clés du développement économique du pays.
Dans l’ensemble, observe le WEF, Maurice a poursuivi ses efforts dans la mise en place d’une structure TIC, s’assurant que les services dans ce secteur soient abordables au niveau des coûts en vue de soutenir un plus grand nombre d’opérateurs. Le rapport du WEF constate que l’une des retombées de cette politique est que les souscriptions aux bandes passantes ainsi que le nombre d’utilisateurs d’internet ont augmenté, permettant à Maurice d’occuper les 60e et 81e places respectivement dans le classement mondial. Cependant, le rapport souligne que les résultats démontrent également que l’utilisation des TIC pour les transactions entre entreprises (Maurice est au 48e rang) est plus étendue que celle entre individus (le pays est classé 92e)
Impact modeste
Les auteurs de l’édition 2013 du Global Information Technology Report constatent que l’impact socio-économique des TIC demeure modeste, Maurice se retrouvant au 80e rang mondial, cela malgré un environnement « business-friendly » qui permet au pays de se pointer à la 46e place. Ce mauvais classement en termes d’impact socio-économique est en grande partie dû à une capacité à l’innovation peu développée (le pays n’étant classé que 112e), Maurice ne pouvant exploiter les TIC à fond pour booster l’innovation et la compétitivité.
Le Networked Readiness Index mesure la performance des TIC dans les 144 économies recensées sur la base de 54 différents indicateurs regroupés sous quatre grands items : “Environment”, “Readiness”, “Usage” et “Impact”. Sous l’item “Environment”, Maurice réalise un score de 4,5 points et est classée 41e dans le classement général. Le pays enregistre des notes appréciables relatives au “political and regulatory environment” (4,4 points, 36e) ainsi qu’au “business and innovation environment” (4,5 points, 46e). Pour ce qui est du “Readiness subindex”, le rapport du WEF alloue un score de 5 points et la 54e place mondiale à Maurice. Cependant, on remarque qu’au niveau “infrastructure and digital content”, Maurice n’arrive qu’en 77e position alors qu’à celui des “skills”, le pays est classé 67e.
Sous l’item “Usage”, Maurice obtient un score de 3,7 points et se situe au 65e rang mondial. Le rapport du WEF attribue la 22e place au pays pour le “Government success in ICT promotion” et la 48e place pour le “business-to-business internet use” mais on relève le mauvais classement (112e) concernant sa “capacity for innovation”. Par ailleurs, pour ce qui est de l’impact socio-économique des TIC, Maurice ne fait qu’un score de 3,3 points (80e). Le pays se retrouve dans la seconde partie du tableau au niveau de l’impact économique (82e avec 3,1 points) ainsi que celui de l’impact social (78e avec 3,6 points).
Le WEF fait ressortir, par ailleurs, que le Global Information Technology Report 2013 est publié à un moment où tout le monde affiche un optimisme prudent après une longue période d’incertitude économique due à la crise globale et les problèmes dans la zone euro. On se penche de plus en plus sur le rôle que peuvent jouer les TIC pour soutenir la croissance économique et la création d’emploi de qualité. Mais, il y a aussi des inquiétudes dans certains pays développés que les TIC peuvent contribuer à l’accélération la délocalisation de certaines activités économiques vers les pays en développement. Pour le WEF, « the benefits of ICT’s are now widely recognized everywhere as an important source of efficiency gains for companies that will allow them to optimize their production function and liberalize resources toward other productive investments. »
Les TIC, fait ressortir le WEF, sont aujourd’hui reconnus comme une source importante à l’innovation qui peut générer une croissance accrue ainsi que des emplois à forte valeur ajoutée. « This ability to innovate is essential in the current information revolution that is transforming economic and social transactions in our societies », ajoute le rapport.