Le rapport Carcassonne sur la réforme électorale ne garantit pas la stabilité politique dans le pays. Tel est l’avis de Suttyhudeo Tengur, président de la Government Hindi Teachers’ Union (GHTU). « Ce que propose ce rapport, avec un seul vote pour une liste bloquée et la nomination des ministres non-élus, nous fait nous éloigner de notre système westminstérien, qui jusqu’ici a fonctionné dans les meilleures conditions. »
Selon Suttyhudeo Tengur, si ce rapport est appliqué, l’espace démocratique va rétrécir. La raison : « La façon dont les nouvelles circonscriptions seront découpées et le nombre modulable des députés seront imposés par les partis politiques et ne refléteront pas nécessairement le choix du peuple. »
Avec la liste bloquée, soutient le président de la GHTU, les futurs députés seront proposés en ordre de priorité par les partis politiques. « D’ailleurs, ce rapport estime que les partis dits nationaux seront à même de présenter des candidats représentatifs de toutes les composantes de la population. Ne serait-ce pas une manière de donner l’occasion à ces partis de faire du “communalisme scientifique” ? »
Suttyhudeo Tengur dit également son désaccord sur le principe de nommer des ministres non-élus. De même, selon lui, les recommandations concernant le transfugisme sont floues. Le rapport préconise qu’un député en dissidence avec son parti sera remplacé par le prochain candidat sur la liste du parti. « Ce qui augmenterait le nombre de députés. Là encore une énigme : est-ce que le dissident continuera à siéger au parlement ou devra-t-il démissionner ? »
Pour toutes ces raisons, Suttyhudeo Tengur estime que l’application de ce rapport tel quel va provoquer de gros bouleversements dans le paysage politique et sera un frein à la démocratie « dont le principe est “A government of people, by people and for people”. »