Le comité des Nations Unies pour les droits de la personne handicapée dresse un constat sévère de la situation des personnes souffrant d’un handicap à Maurice. Le rapport, datant de septembre 2015, relève notamment plusieurs manquements au niveau de l’intégration, de la prise en charge et de l’éducation.
En premier lieu, le comité regrette que les lois mauriciennes, en particulier l’Equal Opportunities Act et la Training and Employment of Disabled Persons Act, « reflètent toujours une approche médicale de l’handicap, ce qui n’est pas compatible avec le concept de la Convention ». Le comité invite ainsi le gouvernement à adopter des termes reflétant « le modèle des droits humains » par rapport au handicap. Il recommande également que les organisations concernées par le sujet soient consultées sur l’élaboration et la mise en place des lois et autres politiques liées au handicap. De même, les lois devraient correspondre aux provisions de la Convention sur les droits des personnes handicapées.
En outre, le comité regrette « l’absence de précisions » sur les mesures prévues pour les personnes handicapées dans le National Risk Reduction and Disaster Management Bill. Il invite le gouvernement à en discuter avec les organisations oeuvrant en faveur des personnes en situation de handicap.
Le comité s’étonne également de l’absence de provisions spécifiques pour protéger les femmes avec handicap dans la Domestic Violence Act. De même, le rapport mentionne des « mesures limitées entreprises pour prévenir et combattre la violence, particulièrement sexuelle, envers les personnes avec handicap, y compris dans la famille ». Il est recommandé au gouvernement de prendre des mesures urgentes pour ce genre de situation. Parmi celles-ci, le comité suggère la mise en place de « helplines » accessibles ainsi que des abris « fully funded » pour les personnes handicapées victimes de violences.
Le cas des enfants placés en institution n’a pas échappé non plus au comité des Nations Unies sur les droits de la personne handicapée. « The Committee is also concerned that children are removed from family settings and placed in residential institutions where they lack care and psychological support and are sometimes subjected to cruel, inhuman and degrading treatment », précise le rapport. Il est aussi mentionné que les “Day Care Centers” privés ne reflètent pas les normes requises pour offrir un encadrement adéquat aux enfants avec handicap.
De même, le comité dénonce la « ségrégation » dans le secteur de l’éducation. Le rapport mentionne l’article 11 de l’ébauche du Disability Bill, stipulant la création de 14 unités intégrées pour les enfants handicapés dans les écoles publiques. Or, selon le comité, « cette provision va prolonger la ségrégation et retarder la création d’écoles entièrement inclusives ». L’absence d’aide pour le transport des enfants handicapés à l’école est également déplorée. Le comité recommande au gouvernement de renoncer à la création de ces unités et d’opter pour les écoles inclusives.
Sur le plan de l’emploi, le rapport note que la discrimination perdure à l’égard des personnes handicapées. Et de préciser que le quota de 3% d’employés avec handicap se limite au secteur privé.
La réaction du ministère de la Sécurité sociale est attendue à ce sujet.