Maurice a attiré des investissements directs étrangers de US$ 273 millions en 2011 contre US$ 430 millions en 2010. Les entreprises mauriciennes, elles, ont investi US$ 89 millions à l’étranger l’année dernière par rapport à US$ 129 millions en 2010. C’est ce qu’indique le Rapport sur l’investissement dans le monde 2012 rendu public hier par la Conférence des Nations unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED).
Avec comme sous-titre « Vers une nouvelle génération de politiques d’investissement », ce rapport établit que les investissements directs étrangers (IDE) dans le monde ont augmenté de 16 % en 2011 pour atteindre environ US$ 1 500 milliards, en hausse par rapport au niveau de 2010 (US$ 1 300 milliards). Cependant, les entrées d’IDE en Afrique ont chuté pour la troisième année consécutive s’établissant à US$ 42,6 milliards contre US$ 43,1 milliards en 2010. Mais, souligne le rapport, l’Afrique subsaharienne a fait mieux, enregistrant des IDE de l’ordre de US$ 36,9 milliards en 2011, soit US$ 7,4 milliards de plus que l’année précédente.
Selon le FDI Attraction Index de la CNUCED, qui classe les pays selon les montants absolus d’IDE reçus et selon leurs tailles économiques respectives, Maurice s’est retrouvée dans la catégorie des pays ayant réalisé une performance « in line with expectations ». Le flux des investissements directs étrangers de 2008 à 2011 est, selon le rapport de la CNUCED, supérieur à la moyenne annuelle enregistrée pendant la période pré-crise (2005-2007), soit US$ 162 millions. De même, les investissements faits à l’étranger ces dernières années sont plus élevés que la moyenne de 2005 à 2007 (US$ 39 millions). Au Board of Investment (BoI), on relève le fait que Maurice s’est retrouvée parmi les cinq premiers au classement des Petits États insulaires en développement qui comprend 29 pays. « Mauritius has registered the second largest greenfield investment project in 2011 in the SIDS category with the investments of Atterbury Property Developments (South Africa) in a commercial and institutional building construction project », indique le BoI.
Au plan mondial, le rapport de la CNUCED souligne que les flux d’IDE en 2011 ont dépassé le niveau moyen d’avant-crise malgré les conséquences persistantes de la crise économique et financière globale et la crise actuelle de la dette en Europe. Le rapport observe que la résurgence de l’incertitude économique et la possibilité d’un ralentissement de la croissance dans les économies émergentes majeures pourraient saper le dynamisme de l’IED en 2012. La CNUCED prévoit que le taux de croissance de l’IDE ralentira en 2012, avec des flux atteignant un palier d’environ 1 600 milliards de dollars.
Les projections de la CNUCED pour le moyen terme, fondées sur l’évolution des fondamentaux macroéconomiques, laissent anticiper des flux d’IDE en croissance modérée mais régulière, qui pourraient atteindre un ordre de grandeur de 1 800 milliards de dollars en 2013 et 1 900 milliards en 2014, sous réserve d’absence de choc macroéconomique majeur. Les investisseurs, selon l’instance des Nations unies, continuent d’éprouver un fort sentiment d’incertitude quant à l’évolution de la situation économique : l’enquête annuelle de la CNUCED auprès des dirigeants des sociétés transnationales (STN) montre en effet que près de la moitié des répondants expriment une opinion neutre ou indécise concernant le climat global d’investissement en 2012.
Le Rapport sur l’investissement dans le monde 2012 indique également que les pays en développement ont continué à attirer près de la moitié du total des IDE entrants (45 %) en 2011, tandis que les flux à destination de ces pays ont atteint un nouveau sommet, augmentant de 11 % pour atteindre US$ 684 milliards. On constate un fort gonflement des investissements à destination d’Asie et une croissance supérieure à la moyenne des flux d’IDE vers l’Amérique latine et les Caraïbes, ainsi que vers les économies en transition. Les flux à destination de l’Afrique, au contraire, ont continué à décliner en 2011.
La CNUCED remarque qu’une augmentation continue des prix des matières premières et un contexte économique relativement favorable en Afrique subsaharienne figurent parmi les facteurs ayant contribué au redressement des investissements dans cette région. Elle considère que les perspectives de l’IDE pour la région en 2012 sont prometteuses : selon le rapport, une forte croissance de l’activité, des réformes économiques en cours, et des prix élevés des matières premières ont amélioré la perception du continent par les investisseurs.